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Connaître et contrôler le souchet comestible dans les maïs

Encore cultivé en Espagne pour ses tubercules, le souchet comestible est une adventice invasive difficile à éradiquer une fois installée. Présent un peu partout en France, il met à l’épreuve les stratégies de désherbage, notamment en grandes cultures et en maraîchage. Gros plan sur des éléments de reconnaissance et de lutte en culture de maïs.

souchet

Le souchet comestible (Cyperus esculentus) fait partie de la famille des Cypéracées, comme les carex, les laîches, les scirpes….

Ces plantes  se caractérisent par une tige sans nœud de section triangulaire. Les feuilles sont d’un vert clair, très allongées, plutôt larges, dures, glabres et pointues, arrangées en groupe de 3. Leur section est en forme de carène. La plante peut mesurer entre 20 et 60 cm de hauteur.

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Feuilles de souchet comestible © ARVALIS

Parmi les cypéracées, le souchet comestible se caractérise par la production de tubercules. C’est en effet une plante vivace : elle possède des rhizomes fins et allongés, qui se renflent en petits tubercules de 1 à 15 mm, d’abord blanchâtres puis noirâtres. Le caractère pérenne est assuré uniquement par les tubercules qui sont capables de résister aux conditions hivernales.

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Rhizomes et tubercules de souchet comestible © ARVALIS

Quelques éléments de biologie

Si les conditions sont favorables, les tubercules de souchet comestible peuvent germer à partir de mi-avril. Plus le tubercule est profond, plus il s’épuise et moins il sera capable de produire un grand nombre de pousses vigoureuses.

Dans un premier temps, les tubercules forment un rhizome qui pousse vers la surface et développe des parties aériennes. Ensuite, la plante va former un rhizome horizontal à partir d’un des bourgeons qui développera à son tour des parties aériennes. Une fois ce premier réseau formé, les bourgeons de la plante « mère » vont pouvoir former de nouveaux rhizomes horizontaux et profonds, capables de former de nouveaux tubercules. Puis la plante meurt en fin d’automne et les tubercules hivernent dans le sol pour germer au printemps suivant.

Un tubercule se développant au printemps est capable de produire 700 tubercules fils, c’est pourquoi cette espèce peut coloniser assez rapidement de larges zones dans des parcelles. Les tubercules peuvent être transportés par le matériel agricole. 

Figure 1 : Cycle de vie du souchet comestible

Figure 1 : Cycle de vie du souchet comestible
Source : Jauzein

Des méthodes de lutte diversifiées

Le souchet comestible exerce une forte concurrence vis-à-vis des cultures, et en particulier des cultures estivales. Une fois qu’il est installé, il n’existe aucune méthode de lutte satisfaisante. Les mesures prophylactiques doivent être privilégiées. 

Des leviers agronomiques à ne pas négliger

Repérer les premiers individus et les détruire est essentiel pour éviter la dissémination de la plante. Toujours récolter en dernier les parcelles dans lesquelles le souchet a été repéré et bien soigner le nettoyage du matériel agricole. 

L’introduction d’une prairie dans la rotation permet de multiplier les fauches, privant le souchet de ses fonctions chlorophyliennes et donc la formation de nouveaux rhizomes et tubercules. D’une manière générale, le souchet a besoin de lumière pour se développer et supporte assez mal la concurrence d’une végétation à fort pouvoir couvrant.

La gestion des bordures de parcelle est également très importante pour éviter la dissémination du souchet ; une fauche fréquente empêce la formation des fleurs, même si lorsqu’il fleurit, le souchet comestible a déjà formé un grand nombre de tubercules. La dissémination par les graines est secondaire mais également possible.

Le travail du sol, une arme à double tranchant

Les tubercules sont principalement formés dans les 10 premiers centimètres du sol mais peuvent germer jusqu’à 15 cm de profondeur. Le travail du sol peut avoir tendance à enfouir les tubercule plus profondément, leur permettant alors de conserver leur capacité germinative dans le sol pendant 3 à 5 ans. A l’inverse, lors d’une interculture estivale, le travail du sol consistant à remettre les tubercules en surface permet de les assécher et d’empêcher leur germination.

Le désherbage mécanique peut être contre-productif pour lutter contre le souchet. Cela peut affaiblir la plante mais aussi propager les tubercules via les outils s’ils sont mal nettoyés. L’idéal est de pouvoir remonter les tubercules en surface pour les assécher ou éventuellement les exporter à condition de ne pas les déplacer dans une autre parcelle.

Des programmes herbicides encore efficaces

En ce qui concerne la lutte chimique dans les maïs, la disparition du Camix et l’arrêt du Benta 480 SL ont amené les producteurs à faire évoluer les stratégies herbicides. Dans tous les cas, deux traitements au minimum sont à envisager (pré et postlevée ou double postlevée). Une stratégie en trois applications apporte de meilleurs résultats, en particulier sur des cultures dont la fermeture de l’inter-rang intervient plus tardivement.

En prélevée, on peut utiliser du Calliprime Xtra associé ou non à de l’Isard si l’on souhaite également gérer les graminées estivales. En effet, une application précoce de mesotrione retarde la levée du souchet et facilite la lutte en postlevée.

En postlevée, les meilleures tricétones sont la mésotrione et la sulcotrione. La tembotrione ne procure pas une efficacité similaire. Quant au Benta 480 SL, il peut être remplacé par une association de Basagran SG et d’Actirob-B. L’ajout d’Onyx permet également de renforcer l’efficacité tant de la tricétone que de la bentazone.

Figure 2 : Efficacité des stratégies de lutte contre le souchet comestible (résultats issus du programme technique AGPM-Maïs doux 2025)

Figure 2 : Efficacité des stratégies de lutte contre le souchet comestible (résultats issus du programme technique AGPM-Maïs doux 2025)

Figure 3 : Efficacité comparée des différentes tricétones sur souchet comestible (programme technique AGPM-maïs doux 2025)

Figure 3 : Efficacité comparée des différentes tricétones sur souchet comestible (programme technique AGPM-maïs doux 2025)

Ainsi, une stratégie de lutte en culture tenant compte à la fois de l’efficacité intrinsèque des produits et des contraintes liées à leur utilisation pourrait être la suivante : 

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Enfin, le souchet comestible étant une plante peu mouillable, la réduction du volume de bouillie peut nuire à l’efficacité. On recommande de traiter le souchet avec un volume de 300 l/ha.

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