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Ouest Occitanie

Céréales : surveiller la rouille jaune, même sur variétés tolérantes

Les observations sur le terrain indiquent la présence précoce de rouille jaune dans les céréales. Si comme chaque année, la vigilance est de mise pour les variétés sensibles, les plus tolérantes méritent également une surveillance accrue en raison des évolutions génétiques de la maladie.

Rouille jaune sur feuilles de blé, en mars 2026 en Occitanie

Depuis quelques semaines apparaît la septoriose, et de manière croissante dans le secteur Gers. Elle est plus modérée dans le secteur Haute-Garonne et Tarn mais la vigilance reste de mise. L’inoculum n’est pas limitant : le développement de la maladie dépend des pluies inoculant les étages supérieurs. Les pluies se raréfiant, la septoriose est donc freinée. A surveiller avec le retour des pluies. Les premiers traitements sont rarement rentabilisés sur la septoriose et se justifient en cas de fortes attaques. Le seuil d’intervention se situe à 2 nœuds, observer la F2 du moment sur une vingtaine de plantes (en ne comptant que les feuilles déployées). A partir du stade dernière feuille pointante, observer la F3 déployée du moment.

  • pour les variétés sensibles : si plus de 20 % des feuilles observées présentent des taches de septoriose, réaliser un traitement avant les prochaines pluies.
  • pour les variétés peu sensibles, le seuil est de 50 % de feuilles atteintes.   

Les premiers symptômes de rouille jaune sont signalés dans le Sud-Ouest depuis une quinzaine de jours, principalement localisés dans le Gers (32), sur semis précoces. 

Concernant les viroses, les observations sont peu nombreuses : quelques premiers symptômes de Jaunisse Nanisante de l’orge et quelques remontées de mosaïques également. Sur orge, on relève la présence de l’helminthosporiose mais cela reste très dépendant des secteurs et des variétés. 

Cette année de nouveau, des taches physiologiques sont observées sur blé assez fréquemment (notamment sur Thermidor). 

Et quelques symptômes de rhynchosporiose ont été repérés sur triticale dans le secteur du Tarn/ Aveyron.

Premiers symptômes de rouille jaune observés : quelle démarche suivre ?

Avec l’arrivée précoce et rapide de la rouille jaune ces derniers jours, la vigilance et un suivi assidu sont de mise, d’autant que deux nouvelles races observées l’an dernier sont désormais présentes sur le territoire. En effet, l’arrivée de ce deux nouveaux pathotypes traduit une perte de tolérance sur certaines variétés. La surveillance doit être d’autant plus importante car certaines variétés connues comme résistantes jusqu’à présent pourraient présenter des symptômes. Toutes les variétés sensibles sont à surveiller et en particulier les suivantes, qui sont présentes dans le Sud-Ouest : Academy, Balzac, Facility, Forcali, Intensity, Jeriko, KWS Millesime, KWS Ultim, LG Anouk, RGT Valparaiso.

En cas de rouille jaune : que faire ? 

  • Pour les variétés résistantes (note ≥ 7) et non citées 
    - avant le stade 2 nœuds, ne pas intervenir ;
    - après le stade 2 nœuds, intervenir dès l’apparition de la maladie. 

En cas d’observations de rouille jaune sur des variétés résistantes et non citées précédemment, observer l’évolution de la maladie sur plusieurs jours. Les variétés acquièrent leur niveau de tolérance totale à l’âge adulte, des symptômes peuvent être donc présents en amont. En cas de contournement, les symptômes vont se développer, et un traitement pourra être nécessaire.

Variété Prestance - Roquefort (32) semis du 16/10/2025 à gauche. Variété Forcali - Sempesserre (32) (Agrod’Oc) à droite.
Variété Prestance - Roquefort (32) semis du 16/10/2025 à gauche. Variété Forcali - Sempesserre (32) (Agrod’Oc) à droite.
  • Pour les variétés sensibles (note ≤ 6) et les mélanges variétaux dès qu’il y a une variété sensible dans le mélange : 
    - au stade épi 1 cm, uniquement en présence de foyer actif de rouille jaune (pustules pulvérulentes) ; 
    - au stade 1 nœud, dès la présence des premières pustules dans la parcelle. 

Pour les mélanges variétaux, prendre le seuil d’intervention « variétés sensibles » dès qu’il y a une variété sensible dans le mélange.

Quelle intervention prévoir ? 

La rouille jaune est la maladie la plus nuisible sur blé, allant jusqu’à 40 q/ha de pertes sur variétés sensibles. Son développement peut être très rapide au sein d’une parcelle.

Pour lutter contre la rouille jaune au stade 2 nœuds et déclencher un premier traitement ciblé, privilégier l’utilisation d’une triazole efficace : tébuconazole (200 g/ha) ou metconazole (72 g/ha) en solo. En cas de forte pression, une association avec une strobilurine peut être envisagée. Dans ce cas, seule l’azoxystrobine peut se mélanger au tébuconazole (ou metconazole) : associer 125 g de tébuconazole + 100 g d’azoxystrobine est suffisant. La règlementation sur la pyraclostrobine ayant évolué, celle-ci n’est plus mélangeable (sauf dossier d’AMM déposé).

S’il est prévu plusieurs applications, et dans un souci d’alternance, il est préférable de mettre en premier une triazole seul à sa dose en T1. Puis de revenir avec un complément strobilurine lors de l’application suivante (T2), qui permettra aussi de gérer le potentiel développement de la rouille brune.

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