Céréales : raisonner l’application des herbicides de prélevée selon la situation
Les premiers chantiers de semis sont lancés, et se pose déjà la question du désherbage. Toutefois, les conditions pédoclimatiques sont peu optimales pour des applications de prélevée. En l’absence d’efficacité des faux-semis à ce jour, les cultures/adventices risquent de lever en même temps. Rappelons donc qu’un semis précoce est à proscrire en cas de salissement élevé.
Parcelle semée ou prochainement semée en infestation graminées moyenne : privilégier les herbicides de postlevée
L’humidité du sol est un facteur essentiel pour que les herbicides appliqués soit efficaces. En effet, les herbicides disponibles à l’automne sont quasi-exclusivement des produits racinaires. Il faut que les substances actives soient dissoutes dans la solution du sol pour pouvoir être absorbées par les adventices. Un sol sec aura pour conséquence une faible efficacité des herbicides racinaires. Il est donc préférable d’attendre, si cela est possible, le retour des pluies pour désherber les premières parcelles semées si elles le nécessitent.
Certaines molécules comme le prosulfocarbe, le flufénacet*, le chlortoluron peuvent basculer d’un positionnement en prélevée en postlevée précoce tout en maintenant une efficacité et une sélectivité correctes. En revanche, l’aclonifen peut être mise en défaut sur un positionnement en postlevée tant en sélectivité qu’en efficacité. La pendiméthaline perdra en efficacité en restant sélective.
Exemple : sur blé, si le Mateno Duo est basculé en postlevée, il devra être réalisé solo. Sur orge d’hiver, si pas d’autres solutions, le maintenir en prélevée pour des questions de sélectivité.
Dans tous les cas, vérifier l’homologation des produits avant tout changement de stratégie.
Il conviendra de faire un point sur l’efficacité de ce premier passage avant d’envisager, si nécessaire, une deuxième postlevée, seul recours possible dans les parcelles présentant des résistances aux herbicides de sortie d’hiver.
Cas des parcelles sans accès au flufénacet
Si aucun herbicide à base de flufénacet n’est disponible, il conviendra de maintenir une stratégie de prélevée, en particulier pour les orges d’hiver.
Cas particulier des parcelles semées en sols très secs
Le décalage de la prélevée est envisageable et peut attendre les premières pluies.
Cas particulier des parcelles avec des problématiques graminées fortes déjà semées
Dans ce type de situations, que l’on espère rarement rencontrer à l’échelle de la région, il conviendra de rester sur un programme « prélevée puis postlevée ». Un programme pré+post avec une prélevée réalisée dans des conditions moyennes sera mieux qu’une double post avec des conditions plus aléatoires et des stades de graminées adventices plus avancés.
En conditions sèches, l’efficacité de la prélevée sera fortement conditionnée par la robustesse intrinsèque du produit.
Exemple : Mateno semble tirer son épingle du jeu en conditions sèches. Cet herbicide (dont c’est la dernière campagne d’utilisation) atteint dans nos essais une efficacité moyenne de 77 % sur vulpin à l’automne 2017 (conditions sèches), et de 93 % à l’automne 2023 (conditions humides). A l’inverse, un prosulfocarbe + DFF en 2017 n’atteint que 35 %, contre 74 % en 2023.
Tableau 1 : Facteurs influençant l’efficacité et la sélectivité des herbicides racinaires
Retrouvez toutes nos préconisations liées au désherbage dans notre guide régional Choisir & Décider .
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