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Céréales à paille : un bilan s’impose sur les infestations en adventices

Même si les désherbages de prélevée et postlevée ont été efficaces, certaines parcelles de céréales restent concernées par de fortes infestations en cette sortie d’hiver. Il est nécessaire d’adapter la stratégie à la parcelle.

Une jeune plante de vulpin qui talle

De l’Île-de-France à l’Auvergne, l’automne 2025 a été assez doux et peu pluvieux, sauf exception dans le sud Centre en novembre notamment. Ces conditions ont permis de bonnes implantations et la mise en œuvre de stratégies de désherbage chimique en prélevée et postlevée. Si d’après les retours terrain, l’efficacité de ces stratégies sur ray-grass et vulpin semble être au rendez-vous (avec parfois des phytotoxicités marquées), les stocks grainiers trop importants dans certaines parcelles ne permettent pas toujours d’aboutir à une gestion  satisfaisante. 

Des conditions assez favorables depuis les semis

Les céréales ont globalement été implantées dans de bonnes conditions cette année, avec des plages de semis suffisamment longues. Ceci a été possible grâce à des pluies contenues et bien réparties.

Figure 1 : Situation des parcelles de blé tendre dans les 3 régions

Après un automne assez doux, surtout lié à novembre et début décembre, contrebalancé par une fin/début d’année plus froide, les cumuls de température sont aujourd’hui proches des médianes.

Cartes 1 et 2 : Cumuls de pluies du 1er octobre au 31 décembre 2025 et écarts par rapport à la moyenne sur 20 ans

Cartes 3 et 4 : Somme de températures du 1er octobre au 31 décembre 2025 et écarts par rapport à la moyenne sur 20 ans

Un nombre de solutions antigraminées très restreint en sortie d’hiver

Les herbicides racinaires, des solutions encore utilisables sur certains semis tardifs

La plupart des spécialités classiques d’automne ont un stade limite d’application (exemple : céréales à 3 feuilles pour le prosulfocarbe) ou bien une date limite (exemple : 1er mars pour le chlortoluron). A la condition d’être sur des stades cultures et adventices « jeunes », il est envisageable d’avoir recours à ce type de produits en tenant compte des herbicides déjà utilisés sur l’automne. Il convient toutefois de nuancer ces possibilités par les conditions d’intervention : pas de gelées prononcées, températures positives en journée sur une semaine environ, pas de mélanges qui pourraient « cogner » la culture. 

Les herbicides dits de sortie d’hiver, très affectés par la résistance

A cette date, les solutions antigraminées dites de sortie d’hiver regroupent de nombreux produits contenant des substances actives très affectées dans notre région par de la résistance : les sulfonylurées (mesosulfuron, iodosulfuron…) appartenant au groupe HRAC 2 et les antigraminées foliaires (pinoxaden, clodinaFop…) du groupe HRAC 1.

Remarque : de nombreux organismes proposent dans notre région des tests de résistance. A anticiper au vu des délais de retour.

Les solutions herbicides ciblant les dicotylédones en sortie d’hiver sont plus nombreuses. Dans nos régions, où les interventions d’automne sont courantes, il est plus rare d’intervenir spécifiquement sur dicotylédones à cette période : les herbicides utilisés en prélevée ou postlevée ont en effet des spectres graminées et dicotylédones.

Tableau 1 : Solutions antigraminées de sortie d’hiver disponibles sur blé tendre

Dans tous les cas, un tour de plaine s’impose avant toute prise de décision

Pour prendre les bonnes décisions, il est important de connaître l’état de la parcelle, le stade de la culture, le nombre d’adventices présentes aujourd’hui (+ potentiel de levées + état de la résistance) et leurs stades.

La reconnaissance des jeunes adventices n’est pas toujours aisée. N’hésitez pas à :

Pour les parcelles semées précocement (fin septembre – début octobre)

Ces semis se sont déroulés dans de bonnes conditions avec des levées concomitantes : cultures et graminées. Malgré de bonnes efficacités des interventions de prélevée et postlevée, elles sont insuffisantes en cas de parcelles problématiques (d’autant plus vrai pour les semis de septembre). Peu de phytotoxicité sont signalés sur ces semis.

Quelles stratégies de désherbage possibles ?

  • Pour les parcelles ou zones très infestées aujourd’hui et en situation de résistance aux produits de sortie d’hiver (groupes 1 et 2) : 
    • Un conseil radical ! Détruire la culture et resemer une culture adaptée (avec des solutions antigraminées encore efficaces dans la culture choisie) OU valoriser la culture en immature.
    • Revoir la stratégie globale du système.
  • Pour les parcelles avec quelques vulpins ou ray-grass développés mais sensibles : intervenir en sortie hiver précoce pour gérer les relevées et avant les premiers apports d’azote.

Pour les parcelles semées mi-octobre – mi-novembre

Les levées d’adventices ont été nombreuses et bien gérées avant les implantations. Les semis se sont faits dans de bonne conditions, avec des créneaux pour réaliser de la prélevée et la postlevée bien plus importants cette année. Les efficacités ont été plutôt bonnes avec des phytotoxicités selon les secteurs, en lien avec les pluies à partir du 10 novembre : sélectivité de position mise à mal dans les sols filtrants

Cet automne, il y a eu quelques créneaux pour du désherbage mécanique mais rarement utilisés.

Quelles stratégies de désherbage possibles ?

  • Pour les parcelles à forte pression graminées et présence avérée de résistance : arrêter les frais ! Il faudra revoir la stratégie globale du système.
  • Pour les parcelles infestées (en l’absence de résistances avérées) : intervenir précocement dès que les conditions seront réunies avec un produit de sortie d’hiver.

Pour les parcelles semées fin novembre – décembre

Qu’attendre de l’effet décalage de semis cette année ? Les adventices levées avant les semis ont été bien gérées. Des herbicides de prélevée ont pu être largement positionnés, avec une efficacité satisfaisante. Ceux de postlevée n’ont pas été systématiques et parfois n’étaient pas nécessaires.

Quelles stratégies de désherbage possibles non désherbées en fonction des stades de la culture ?

  • Si le blé n’a pas atteint le stade 3 feuilles : possibilité de faire encore des produits « racinaires » : prosulfocarbe, CTU, flufénacet, DFF…
  • Si le stade 3 feuilles est dépassé : arrêt en grande majorité des produits racinaires. Basculer sur les produits foliaires de sortie d’hiver : base sulfonylurée (+ DFF). Attention aux résistances.

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