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Céréales à paille : comment optimiser l’application d’herbicides racinaires à l’automne

Le désherbage racinaire d'automne représente un levier important dans la gestion des graminées. Contrairement aux traitements foliaires, la cible n'est pas le feuillage visible, mais le sol et les racines des adventices. Cette spécificité permet d'adopter des stratégies de pulvérisation plus flexibles. 

Sol et humidité : les piliers de l’efficacité agronomique

Les produits racinaires n’agissent que sur les adventices en cours de germination ou très jeunes, via leur absorption par le coléoptile et les racines primaires. Ils doivent donc être appliqués avant la levée des adventices, sur un sol bien nivelé et débarrassé des grosses mottes, qui limiteraient le contact entre le produit et les graines ciblées. 

Après son application, un herbicide racinaire peut se retrouver sous trois formes dans le sol : une forme dissoute dans l’eau, accessible par les racines des plantes, une forme adsorbée au complexe argilo-humique et une forme bloquée dans les feuillets d’argile.

Figure 1 : Les produits racinaires se retrouvent dans le sol sous trois formes

Figure 1 : Les produits racinaires se retrouvent dans le sol sous trois formes

L'efficacité des produits racinaires dépend donc avant tout des propriétés physico-chimiques du sol. La teneur en argile et en matière organique influence la capacité d'adsorption et la diffusion des substances actives. Mais le facteur réellement déterminant reste l'humidité : c'est l'eau qui transporte le produit jusqu'à son site d'action, au contact des racines.

Privilégier les buses à injection d’air 

Les produits racinaires ne sont pas sensibles au volume de bouillie et au type de buses utilisé. Un essai récent avec du prosulfocarbe appliqué à trois volumes de bouille (50, 80 et 150 l/ha) et quatre types de buses (une buse à fente classique servant de référence et trois buses à injection d'air réduisant la dérive de 66 %, 75 % ou 90 %) valide cette affirmation. À efficacité égale, le volume peut être réduit jusqu’à 50 l/ha en absence de vent et les buses à injection d'air sont à privilégier avec les produits racinaires puisqu'elles réduisent la dérive, y compris celles homologuées à 90 %. Pour le prosulfocarbe, l’application avec des buses à injection d’air homologuée est même une obligation réglementaire. 

Lire aussi : « Prosulfocarbe : bien respecter les règles d’application pour désherber les céréales à paille »

Figure 2 : Efficacité du prosulfocarbe appliqué en prélevée du blé tendre d’hiver (78 ray-grass/m²) pour différents types de buses et volumes de bouillie - Coudray (45) - 2021

Figure 2 : Efficacité du prosulfocarbe appliqué en prélevée du blé tendre d’hiver (78 ray-grass/m²) pour différents types de buses et volumes de bouillie - Coudray (45) -2021

Adjuvants et produits racinaire : aucun intérêt démontré

Les adjuvants ne présentent pas d’intérêt avec les produits racinaires appliqués en prélevée ou postlevée précoce des céréales. C’est bien l’eau présente dans le sol qui assure leur répartition homogène. En présence de sol sec, une augmentation du volume de bouillie ou l’ajout d’adjuvant n’apporteront rien. Mieux vaut attendre une réhumectation du sol avant d’appliquer les produits. 

Vigilance climatique : les amplitudes thermiques

Les urées substituées et le prosulfocarbe restent sensibles aux écarts de températures. Dès l'apparition de gelées, ou d'un écart de plus de 15°C entre les minimales et les maximales, la vigilance s'impose : sous stress thermique, la céréale perd sa capacité à détoxifier le produit absorbé, ce qui augmente le risque de phytotoxicité.

Buse, pression, volume : un outil pour adopter les bons réglages
Afin d’affiner les réglages du pulvérisateur, ARVALIS met à disposition l’outil d'aide au choix des buses.
Ses deux onglets spécifiques (pulvérisation en plein champ et pulvérisation localisée) permettent de croiser type de produits, pression et volume pour un résultat optimal. 

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet Gramicible. Ce projet fait partie du plan d’action « Gestion des graminées adventices dans les rotations de grandes cultures », dispositif connu sous le sigle PARSADA - financé par le Ministère en charge de l’Agriculture dans le cadre de la stratégie Ecophyto. 

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