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Céréales : dans quels cas faut-il réguler ?

Après des semaines de pluies ininterrompues, les conditions de début mars ont enfin permis de rentrer dans les parcelles pour fertiliser, désherber… Alors que les cultures ont atteint les stades épi 1 cm – 1 nœud se pose la question de la gestion du risque de verse. Si l’impasse est de mise pour les variétés tolérantes, il faut raisonner l’application d’un régulateur dans les autres situations.

Verse sur blé tendre 2026 en Bretagne

La variété, premier levier pour lutter contre la verse

Pour lutter contre la verse, le premier levier est de choisir une variété tolérante. Toute variété de blé tendre ayant une note supérieure ou égale à 6,5 est tolérante à la verse : l’impasse d’un régulateur est la règle. En orge, le risque est fortement réduit avec des variétés tolérantes (note  6,5), mais celles-ci sont moins nombreuses qu’en blé.

Une synthèse d’une centaine d’essais ARVALIS montre un effet majeur de la cotation variétale vis-à-vis de la présence ou non de verse sur la parcelle avant la récolte. Dès lors qu’une variété de blé tendre présente une cotation ≥ à 6,5, cela se traduit par une absence de verse sur les parcelles.

Figure 1 : Synthèse du niveau de verse observé dans des essais en blé tendre non régulés en fonction de la cotation de résistance variétale à la verse - Source : environ 100 essais ARVALIS.

Figure 1 : Synthèse du niveau de verse observé dans des essais en blé tendre non régulés en fonction de la cotation de résistance variétale à la verse - Source : environ 100 essais ARVALIS.

Pour les variétés moyennement sensibles à la verse, les facteurs agro-climatiques vont être prépondérants dans le raisonnement.

  • Sur les semis d’octobre jusqu’à mi-novembre, on observe des tallages importants (hors parcelles hydromorphes), des fortes absorptions d’azote durant l’hiver et une montaison initiée tôt du fait de l’excès douceur hivernale. Les parcelles ayant atteint le stade épi 1 cm début mars ont donc amorcé leur montaison en jours courts, un facteur supplémentaire de risque. Ces situations devront probablement être régulées.
  • Pour les semis de fin novembre et de décembre, les parcelles ont un moindre tallage, avec des apports d’azote en sortie d’hiver souvent inférieurs à 60 unités. Ces situations se situent en risque faible.

Actuellement, en pleine période d’épandage des engrais azotés, il convient de rappeler qu’il est nécessaire de fractionner les apports tout d’abord, pour une meilleure valorisation par la plante, mais également pour réduire le risque de verse. Ne pas oublier de mettre une dose de mise réserve pour le dernier apport à dernière feuille afin de maximiser rendement et teneur en protéines.

Raisonner l’intervention d’un régulateur à l’aide des grilles de décision 

L’utilisation d’un régulateur n’est pas anodine et peut avoir un effet dépressif sur le rendement. Aussi, l’application ne doit pas être systématique. Les grilles de décision (Tableaux 1 et 2) permettent d’estimer le risque à la parcelle pour le blé tendre et l’orge d’hiver : la résistance de la variété est le premier paramètre à considérer.

En blé tendre avec une variété résistante (note  6,5), on ne recommande pas l’application de régulateur de croissance. Sur les parcelles à tallage abondant, le risque est moyen à élevé, avec la recommandation de réguler.

En orge d’hiver, l’entrée variétale est également importante, mais l’espèce étant plus sensible pour les semis précoces d’octobre, avec des tallages importants : le risque est moyen, un régulateur est conseillé.

Tableau 1 : Grille de décision pour lutter contre la verse en blé tendre d’hiver (version ouest)

Tableau 1 : Grille de décision pour lutter contre la verse en blé tendre d’hiver (version ouest)

Tableau 2 : Grille de décision pour lutter contre la verse en orge d’hiver (version ouest)

Tableau 2 : Grille de décision pour lutter contre la verse en orge d’hiver (version ouest)
Source : ARVALIS

Intervenir en conditions favorables pour préserver le rendement

Les risques de phytotoxicité des régulateurs sont souvent sous-estimés, et il y a plus à perdre qu’à gagner si les conditions d’application ne sont pas réunies. Pour accroître l’efficacité et limiter la phytotoxicité, les applications sont à réaliser :

  • Sur des cultures en bon état (indemnes de viroses, alimentées correctement en eau et azote) – d’où la recommandation d’attendre une reprise de végétation correcte sur les parcelles qui ont souffert de l’excès d’eau.
  • Dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 15 à 20°C) en tenant compte de la météo le jour de l’application mais aussi durant les trois à cinq jours suivants.

À RETENIR 

Blé tendre – variétés tolérantes (note  6,5) :  l’impasse d’un régulateur est la règle.

En orge, le risque de verse est plus important. L’impasse de régulateur reste possible si variétés tolérantes à la verse (note  6,5) ET tallage normal à faible.

  • Pour les variétés (blé + orge) moyennement sensibles et pour les semis d’octobre jusqu’à mi-novembre, des facteurs agro-climatiques favorables au risque de verse cette année :
    Températures hivernales douces, tallage importante, bonne absorption d’azote cet hiver
    Le risque de verse est présent : un régulateur est conseillé.
     
  • Pour les variétés (blé + orge) moyennement sensibles et pour les semis après le 20 novembre, les facteurs agro-climatiques sont moins favorables.
    Tallage normal à faible – arrivée du stade épi 1 cm fin mars.
    Le risque de verse est faible : un régulateur n’est pas nécessaire notamment en blé.

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