Céréales : ajuster les passages au stade des cultures et intervenir dans de bonnes conditions
La météo changeante complique l’organisation des chantiers. Les céréales présentent dans l’ensemble un bon état végétatif et sont en avance. Les opérations se bousculent entre protection et fertilisation des céréales, récolte de fourrages, épandages et semis de cultures d’été… Depuis mars, on relève de fortes amplitudes thermiques : il convient donc d’être attentif aux conditions d’application, notamment à l’approche du stade sensible de la méïose.
Des stades de cultures hétérogènes et en avance
Comme souvent en début de printemps, on observe une forte hétérogénéité de développement entre parcelles et au sein d’une même parcelle. Les séquelles de l’excès d’eau sont bien résorbées mais restent toutefois visibles sur le développement des cultures.
Malgré la fraîcheur des deux dernières décades de mars, le stade des cultures reste en avance d’une dizaine de jours. Il convient donc d’anticiper sur le calendrier « habituel » et de surveiller l’avancée des stades pour positionner au mieux les interventions. Pour être bien ajusté aux stades, l’hétérogénéité entre parcelles vient compliquer les chantiers en obligeant à multiplier les dates d’intervention.
Attention aux conditions météo lors des traitements phytosanitaires
La méïose, phase de la formation du pollen, est un stade particulièrement sensible pour les céréales.
Pour le blé, il survient autour du stade dernière feuille ligulée, quand le sommet de l'épi touche la ligule de l'avant-dernière feuille, soit environ dix jours avant l'épiaison.
Pour les orges, ce stade correspond à la sortie des extrémités des barbes. Durant cette étape, souvent très courte (un à deux jours), la culture est très sensible aux stress. En cas d’application phytosanitaire, il convient donc d’intervenir dans de bonnes conditions :
• Attention aux mélanges ! avec le retard dans les travaux, la tentation est grande de grouper les applications en un seul passage. Attention toutefois à la sélectivité des traitements : mélanger des produits de fonction différente accentue toujours le risque d’accident. Entre dernière feuille et épiaison, on proscrira ces mélanges – notamment les associations herbicide-fongicides. En particulier, l’ajout de metsulfuron méthyl aux bouillies fongicides est particulièrement risquée à ce stade sensible.
• Reporter l’intervention en cas de forte amplitude thermique, de forte montée en température (températures max > 25°C), ou au contraire, de petites gelées nocturnes. Les prévisions météo actuelles donnent toujours une tendance à ces à-coups de températures : la prudence s’impose donc à l’approche de ce stade sensible des cultures.
Surveiller la progression des maladies foliaires sur variétés sensibles
Le temps sec de mars a limité la progression de la septoriose mais la maladie est bien présente en fond de végétation et la dynamique de progression va être réactivée par les épisodes de pluie annoncés. De même, il convient de poursuivre activement la surveillance de la rouille jaune.
→ Sur variétés sensibles, un T1 fongicide avant dernière feuille étalée sera probablement nécessaire pour les semis d’octobre.
Sur triticale, on surveillera la progression de la rhynchosporiose sur variétés sensibles (en particulier la variété Lumaco). De même, sur orge sensible, se tenir prêt à intervenir dès le stade « sortie des barbes » pour couvrir le complexe des maladies foliaires.
Sur les blés, la fertilisation azotée en fin de montaison reste essentielle pour le rendement et la qualité
Pour la majorité des parcelles, les céréales ont reçu leurs apports d’engrais entre fin février et mi mars. Sur cette période, la pluie a été suffisante pour une bonne assimilation de l’engrais et les plantes sont actuellement bien alimentées. Le dernier apport est à planifier pour la dernière décade d’avril – à positionner selon le stade (entre dernière feuille étalée et gonflement) et les prévisions de pluie.
La conjoncture géopolitique et économique actuelle suscite des inquiétudes quant aux engrais. Toutefois, rappelons que l’azote est un facteur de production majeur pour les céréales et que les apports à montaison sont ceux qui contribuent le plus au rendement. Positionné entre dernière feuille étalée et tout début épiaison, le dernier apport contribue lui aussi largement au rendement et pas seulement à la qualité des grains. Dans nos essais, l’impasse d’une mise en réserve de 40 kg d’azote alors qu’elle était nécessaire à dernière feuille étalée fait perdre 4 quintaux et 1 % de protéine en moyenne. Il est donc important de réaliser cet apport si le conseil de pilotage de la fertilisation azotée le recommande.
Message rédigé par ARVALIS en concertation avec AGRIAL, AMC, la CAPL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, la coopérative d’Herbauges, les Etablissements Hautbois, Eureden, Soufflet Agriculture, Terrena
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