Cécidomyies : intervenir sur variétés sensibles si le seuil de risque est dépassé
Alors que les blés sont à épiaison, c’est le moment de surveiller l’activité des cécidomyies via le piégeage dans les parcelles. Les relevés des cuvettes jaunes indiquent une forte présence des ravageurs dans plusieurs sites de nos essais autour de la station du Magneraud. Alors que la météo actuelle est plus favorable à la ponte (temps lourd et orageux, moins de vent…), il convient d’évaluer le risque à la parcelle, avec une vigilance renforcée dans les secteurs déjà infestés en 2025.
Piéger pour arbitrer l’intérêt d’un traitement sur variétés sensibles
Dans la région, les stades avancent vite et la majorité des parcelles se trouvent entre épiaison et floraison, correspondant à la période de sensibilité des blés aux attaques de cécidomyies (stade gaine fendue épi accessible jusqu’à la fin floraison). Pendant cette période, les femelles pondent rapidement leurs œufs dans les glumes des épis. Les dégâts sont par la suite provoqués par les larves, qui consomment les grains de blé en formation.
L’observation est indispensable pour bien positionner une intervention. Pour ce faire, il faut placer une cuvette jaune de type "cuvette colza", en positionnant le bord supérieur de la cuvette au niveau de la base des épis.
Pour exemple, dans les essais au Magneraud (17), le relevé du mardi 28 avril comptabilise, après 24 h, 190 cécidomyies. Identification faite, 34 sont des cécidomyies orange et le reste étant des jaunes.
Pour la cécidomyie orange, un seuil a pu être déterminé :
10 cécidomyies par cuvette sur 24 h ou bien de 20 cécidomyies orange sur 48 h dans le cas de relevés tous les deux jours.
Si c’est le cas, déclencher le traitement le soir même en soignant la qualité de la pulvérisation (volume important) mais le faire uniquement si les cécidomyies sont au pic de vol : femelles en position de ponte avec des conditions qui leur sont favorables (température supérieure à 15°C en soirée, temps orageux, absence de vent). C’est le cas des conditions actuelles et à venir.
Ne pas intervenir sur variétés résistantes aux cécidomyies orange !
La variété : certaines variétés de blé tendre sont résistantes aux cécidomyies orange (Celebrity ; Intensity ; Prestance ; Sy Admiration ; Thermidor…). Cette résistance n’empêche pas les cécidomyies adultes de pondre dans les épis, mais les larves qu’elles produiront ne pourront pas se développer et n’engendreront pas de dégâts. En effet, un gène de résistance a été identifié permettant d’augmenter la production d’acides phénoliques dans le grain, conduisant à la mort des jeunes larves par « intoxication » et arrêt de consommation. Aucune variété résistante ne l’est pour la cécidomyie jaune.
Quel impact sur les parcelles et comment l’identifier ?
Le risque est élevé pour les parcelles ayant un historique d’attaque ou avoisinant une attaque de cécidomyies, avec une variété sensible, un retour fréquent du blé et un sol argileux. Ces insectes ne volent pas sur de grandes distances : les secteurs ayant subi des attaques significatives en 2025 sont donc à surveiller en priorité.
Deux espèces distinctes coexistent en France avec des connaissances plus riches pour la cécidomyie orange. Malgré tout, la « jaune » par sa morphologique et son cycle biologique est très proche de la « orange ». Les conséquences cependant diffèrent en fonction de l’espèce :
- En cas d’attaque de cécidomyies orange, pour les variétés sensibles, la nuisibilité observée est la conséquence d’une consommation directe du grain impactant sa taille et sa forme. Les dégâts sont à la fois qualitatifs et quantitatifs. Les pertes de rendement peuvent atteindre 30 %, et souvent entre 3 et 10 q/ha. On considère généralement qu’une larve par épi équivaut à une perte d’un quintal par hectare. De plus, en cas de forte attaque, le temps de chute de Hagberg peut nettement diminuer, la valeur boulangère est affectée et les risques de germination sur pied sont accrus.
- En cas d’attaque de cécidomyies jaune, la nuisibilité est difficilement estimable : l’impact de ce ravageur a été peu étudié (moins commun en France et au-delà des frontières) ; la perte de rendement correspond davantage à une diminution du nombre de grain. La bibliographie indique que la nuisibilité est moins impactante.
Tableau 1 : Clés de distinction entre cécidomyie orange et cécidomyie jaune
A retenir
- Variétés résistantes aux cécidomyies orange : pas d’intervention contre le ravageur.
- Variétés sensibles aux cécidomyies : si 10 cécidomyies piégées par cuvette sur 24 h ou bien 20 cécidomyies orange sur 48 h, un traitement est recommandé.
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