Canicule de mai 2026 : retour sur les particularités de la séquence météo
Durant la dernière décade du mois de mai 2026, la France a connu des températures estivales. Une analyse permet de positionner cet épisode face à de précédents coups de chaud.
Les météorologues ont explicité très tôt ce qui a causé cet échauffement brutal et durable : un « dôme de chaleur » s’est installé sur le centre-ouest de la France. Ce phénomène est causé par un anticyclone positionné sur l’Hexagone et de dépressions de part et d’autre (blocage en « Ω ») : ceci génère des remontées d’air chaud depuis le sud, remontées qui se retrouvent bloquées et accumulées sous l’anticyclone. Ceci conduit donc à une élévation durable des températures nettement au-dessus des normales de saison ; les flux d’Ouest, porteurs de nuages, d’humidité et de fraîcheur, ne peuvent pas entrer (figures 1 et 2).
Figure 1 : Position des masses d’air et zones de pression au 25 mai 2026
Figure 2 : Image satellite de l’Europe le 26 mai 2026
Une anomalie de température de 8°C ou plus, pendant une semaine
L’intensité de l’anomalie thermique est de +6,4°C sur la dernière décade de mai 2026 (figure 3) ; elle a atteint un pic de 8°C les 25 et 26 mai (sur les moyennes journalières et en moyenne nationale).
Cependant, cette anomalie n’est pas homogène : elle a été plus marquée sur les températures maximales journalières (+8,9°C sur la dernière décade de mai) que pour les minimales (+3,9°C). Le centre-ouest de la France a par ailleurs été plus fortement touché (anomalies de +12 à +15°C, avec des records de température pour un mois de mai : > 35°C), alors que l’extrême Sud-Est a été relativement épargné.
Figure 3 : Ecarts à la moyenne saisonnière des températures moyennes quotidiennes en France (moyenne de 289 stations météo réparties sur le territoire)
Figure 4 : Anomalie thermique observée lors de la 3e décade de mai 2026 (écart de température entre 2026 et la période de référence 2001-2025)
Des records de température battus partout, pour un mois de mai
Si les records absolus n’ont pas forcément été battus, ceux d’un mois de mai ont été pulvérisés.
C’est bien la précocité de cet épisode qui s’avère marquante comparé aux précédents coups de chaud printaniers : en mai puis juin 2022, l’épisode avait été plus précoce mais moins intense et moins long. Et la canicule de l’été 2003 avait été plus longue, mais affectant uniquement les cultures d’été et les prairies.
Le pic de chaleur en mai 2022 est intervenu sur des cultures moins avancées (autour d’épiaison/floraison), mais les températures n’ont pas beaucoup dépassé 30°C. Cette année, les températures ont atteint ou dépassé 32-35°C sur des céréales autour de la floraison (tiers nord) ou à grain laiteux (moitié sud).
Figure 5 : Comparaison des intensités, durées et saisonnalité des précédentes vagues de chaleur en 2003, 2022 et 2026 (moyenne nationale de 289 stations météo ; critère : température moyenne journalière)
Au-delà des températures, un assèchement rapide
Les cumuls de pluie début mai avaient été significatifs, avec une levée temporaire des stress hydriques dans de nombreuses régions. La dernière décade de mai, avec son absence de pluie et ses fortes ETP a très rapidement réduit la disponibilité en eau des sols, surtout dans les situations où les couverts avaient de forts besoins (blé, prairies), comme le montre la figure 6. Les pluies annoncées début juin et la baisse des températures vont temporairement stabiliser la situation, mais en l’absence de pluies significatives, les sols vont très rapidement s’assécher.
Figure 6 : Bilans décadaires P-ETP pour 2026 (moyenne nationale de 289 stations météo)
Dans les prochains épisodes, nous reviendrons sur l'impact de cette canicule sur le développement des cultures et leur qualité.
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