Blé tendre : évaluer le risque verse avant toute intervention
Actuellement, le risque de verse apparaît comme moyen dans de très nombreuses parcelles. Le niveau final pourrait être revu à la hausse ou à la baisse, selon les conditions climatiques des dix prochains jours. Pas d’évolution à prévoir cependant, si les températures proches des normales et la fin des pluies se confirment. Concernant les parcelles déjà à 1 nœud, le risque est resté plutôt limité. Chaque situation étant particulière, une évaluation à la parcelle est une étape essentielle pour adapter au mieux la stratégie.
Une résistance de la tige en cours d’acquisition
La résistance de la tige s’acquiert au moment même de sa constitution, c’est-à-dire entre les stades épi 1 cm et 2 nœuds environ. Elle va être conditionnée à la fois par l’allongement des entre-nœuds du bas de tige et par la composition de la paroi de la tige (rapport C/N). Différents paramètres génétiques (variétés), techniques (pratiques culturales) et climatiques interviennent dans ce phénomène.
Une verse peut engendrer d’importantes pertes de rendement et nuire à la qualité du grain. Plus la verse sera précoce, plus les conséquences seront importantes. A l’inverse, l’utilisation inappropriée de régulateurs peut entraîner des pertes de rendement (phytotoxicité potentiellement aggravée par d’autres stress climatiques, azotés...).
Il est important de faire le diagnostic de chaque parcelle avant toute intervention, afin de prendre en compte au mieux la diversité des situations et d’adapter, si besoin, ce qui a pu être prévu a priori en morte saison.
Evaluer le risque verse avant d’intervenir
Des outils d’aide à la décision (OAD) comme Farmstar permettent d’évaluer ce risque en cours de campagne.
A défaut d’accès à un OAD, utiliser la grille régionale ARVALIS, qui hiérarchise les facteurs de prédispositions principaux, à savoir :
- La résistance variétale caractérisée par la note de sensibilité à la verse propre à chaque variété. A noter que pour les mélanges variétaux, il est préconisé de faire la moyenne des notes verse des variétés composant le mélange. Si les variétés ne sont pas connues, prendre le score de la grille « Variétés assez résistantes », compte tenu de l’effet bénéfique de cette pratique sur la gestion de la verse.
Figure 1 : Classement 2025 des variétés blé tendre par rapport à la tolérance à la verse - ARVALIS
- L’état de la biomasse et ses facteurs de maintien (type de sol, nutrition azotée), qui conditionnent le risque en amont de la montaison.
Figure 2 : Grille régionale d’évaluation du risque verse blé tendre en amont de la montaison
- Le climat du début de montaison (en ajustant la note issue de la grille).
En cas de faible rayonnement et forts cumuls de pluies, passer à la classe de risque supérieur et adapter le programme en fonction. Et inversement : un climat sec, doux avec un rayonnement correct, diminue la classe de risque.
En ce début de printemps, les séquences climatiques étant très contrastées, il est important de faire cette évaluation à la parcelle, en fonction de l’avancée des stades. Pour les parcelles dont la phase épi 1 cm à 1-2 nœuds se déroulera sans précipitations et avec des températures proches des normales, le risque restera probablement moyen. Pour les parcelles ayant déjà atteint le stade 1 nœud, les conditions ont été plutôt favorables à la limitation du risque.
A chaque risque, sa stratégie !
Les régulateurs de croissance n’ont d’intérêt que si le risque verse est réel. Le choix de sa stratégie se décide donc en fonction du niveau de risque obtenu grâce à la grille régionale.
Figure 3 : Différentes propositions de programme selon le niveau de risque de verse évalué sur blé tendre
Intervenir dans des bonnes conditions pour une efficacité optimale
Pour accroître l’efficacité et limiter la phytotoxicité, les applications sont à réaliser sur des cultures en bon état et dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 15 à 20°C). En effet, les régulateurs agissent sur l’élongation des cellules de la tige, pour aboutir à des entre-nœuds plus courts ou à des parois plus épaisses. Si le temps n’est pas poussant, le régulateur agit sur une élongation qui n’aurait, de toute façon, pas lieu et n’aura donc que peu d’efficacité. Il est nécessaire de tenir compte des conditions climatiques le jour de l’application mais aussi durant les trois à cinq jours suivants celle-ci.
Tableau 1 : Conditions optimales de températures habituellement admises pour les principaux régulateurs
Exemple de lecture : pour une application à base de chlorméquat de chlorure, il faut que la température minimale enregistrée le jour du traitement soit supérieure à -1°C et qu’elle atteigne au moins +10°C. Dans les trois jours suivants, une température moyenne supérieure à 10°C est favorable, sans dépasser une température maximale de 20°C.
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