Blé tendre : attention au risque piétin-verse sur variétés sensibles
Les parcelles de blé tendre, majoritairement au stade épi 1 cm, sont désormais exposées au risque de piétin-verse. Avant d’intervenir, il est nécessaire d’évaluer le niveau de risque à la parcelle, selon la sensibilité de la variété semée, les pratiques culturales et le risque climatique 2026, plus élevé que l’an passé.
Pour les variétés notées 5 ou plus vis-à-vis du piétin-verse : aucune intervention à prévoir
La tolérance variétale est un levier majeur pour limiter le risque maladie. Le piétin-verse fait partie des maladies qui sont très bien gérées par la génétique. En effet, un gène de résistance à la maladie PCH1 a été découvert il y a plusieurs années. Lorsqu'il est présent dans les variétés, celles-ci sont tolérantes à la maladie : aucun traitement est à prévoir.
Les variétés dont la note CTPS est supérieure ou égale à 5 ne nécessitent pas d’intervenir
Parmi les variétés cultivées dans la région : Junior, KWS Globe, Intensity, KWS Sphere, Thermidor, ou encore Pondor et Conquistador ont une note CTPS ≥ 5, ainsi aucun traitement vis-à-vis du piétin-verse n’est à prévoir (figure 1).
La perte directe de rendement liée au piétin-verse est faible, en moyenne 2-5 q/ha, sauf en cas de verse où les dégâts sont plus importants. C’est une maladie présente dans la région, dont l’inoculum est inféodé aux parcelles et pratiques culturales.
Pour les variétés moyennement sensibles ou sensibles, un risque climatique élevé en 2026
Pour les variétés qui ont une note vis-à-vis du piétin-verse inférieure à 5, il est indispensable d’évaluer le risque à l’aide de la grille (figure 2). Celle-ci prend en compte la tolérance variétale, le type de sol, le travail du sol et enfin, le risque climatique.
Cette année, le risque climatique est moyen à fort (pour des variétés sensibles), soit plus élevé que l’année dernière du fait des conditions hivernales (carte 1).
Carte 1 : Potentiel climatique de développement du piétin-verse prévu par le modèle TOP au stade épi 1 cm (précocités et dates de semis normales)
A noter pour les semis tardifs (fin novembre-décembre) dans l’ouest de la région, le risque est plus faible que sur la carte 1 (cas-types avec des dates de semis classiques).
Utiliser le baromètre de maladies pour plus de précisions sur les cas-types locaux.
Si une intervention est nécessaire, quelle solution choisir ?
Si une intervention est nécessaire, le stade d’application est important. Viser épi 1 cm à 1 nœud ; après 1 nœud, l’intervention est moins efficace. D’autre part, l’efficacité de l’application est loin d’être parfaite. Prioriser les interventions sur les risques forts pour surtout limiter le risque de verse parasitaire de fin de cycle. Les matières actives utilisables pour lutter contre le piétin-verse sont d’abord la métrafénone et le cyprodinil et, dans une moindre mesure, le prothioconazole. A noter que le cyprodinil et la métrafénone n'ont pas d'efficacité contre la septoriose.
Les bases Unix Max 2,5 l/ha (cyprodinil) ou Flexity 0,5 l/ha (métrafénone) associées assurent une efficacité modeste sur piétin-verse depuis ces dernières années.
À retenir :
- Pour les variétés tolérantes notées 5 ou plus vis-à-vis du piétin-verse :
- Variétés concernées (liste non exhaustive) : Junior, KWS Globe, Intensity, KWS Sphere, Thermidor, Pondor, Conquistador.
- Aucun traitement est à prévoir.
- Pour les variétés moyennement sensibles et sensibles :
- Evaluer le risque à la parcelle avec la grille.
- Les attaques antérieures peuvent orienter le niveau de risque.
- Le risque climatique est plus fort en 2026 que l’année dernière.
- En cas de risque fort, utiliser des produits à base de cyprodinil (Unix max) ou métrafénone (Flexity).
- Intervenir à épi 1 cm (pas au-delà de 1 nœud), avoir en tête que l’efficacité n’est que partielle : des interventions à réserver sur des risques de verse parasitaire forts.
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