Blé dur : le dernier apport d’azote reste économiquement intéressant
Même si les prix des engrais sont en hausse et les cours des céréales prévus à la baisse, mieux vaut maintenir le dernier apport d’azote sur blé dur. Il s’agit d’optimiser la qualité des cultures et donc leur rentabilité. D’autant plus que des investissements ont déjà été engagés pour les intrants (semences, engrais, herbicides…).
Ne pas piloter la culture jusqu’au bout, c’est prendre un risque important de réfactions qualité, voire de déclassement.
Les essais réalisés en 2025 par ARVALIS à Valensole (04) et à Gréoux (04) ont clairement montré que supprimer le dernier apport d’azote sur blé dur était préjudiciable économiquement.
Cela est particulièrement vrai pour des potentiels de rendements modérés (30 à 50 q/ha) où cet apport pèse pour plus de 20 % dans la rémunération finale (tableau 1).
Tableau 1 : Impact du dernier apport d’azote sur blé dur sur la qualité et la marge du blé pour deux potentiels de rendement différent (50 q/ha et 85 q/ha)
Quelle que soit la dose apportée dans les essais, les résultats montrent qu’il est économiquement plus favorable de le maintenir, même en considérant un prix de l’azote en hausse récemment.
A positionner dès que possible
Les blés sont actuellement entre dernière feuille pointante et étalée : c’est le moment pour faire le dernier apport si ce n’est pas encore le cas !
Il faudra viser les prochaines pluies, ou pour les parcelles équipées, coupler le passage d’azote à l’irrigation. A noter que l’absence de pluie significative depuis plusieurs semaines justifie par ailleurs une irrigation (carte 1).
Carte 1 : Cumul de pluie (en mm) du 23/03/2026 au 20/04/2026 sur le pourtour Méditerranéen
Rappel 1 : le stade idéal pour réaliser l’apport qualité est dernière feuille étalée afin que cet apport profite au rendement et à la qualité.
Si le dernier apport ne se fait qu’à épiaison complète ou début floraison (si absence de pluie d’ici là), la quantité d’azote apportée pour la qualité devra être revue à la baisse par rapport aux potentiels indiqués : des essais avec des apports tardifs dans la région ont déjà démontré qu’un apport à début floraison impactait le rendement (et aussi la qualité car la valorisation est moins bonne par rapport à un apport plus précoce).
Rappel 2 : un apport d’azote au-delà du stade début floraison ne sert à rien !
Quelle quantité apporter ?
Au 23 avril, les potentiels de rendement sont contrastés. Ils sont particulièrement impactés, en l’absence d’irrigation, dans la partie est de la région (Durance, plateau de Valensole), du fait de l’absence de pluies significatives depuis un mois.
La situation est meilleure dans l’ouest (Vallée du Rhône, secteurs Montpellier/Nîmes/Biterrois…), même si la situation hydrique commence elle aussi à impacter les blés.
Au 23 avril, les potentiels de rendement (tableau 2) représentent, par type de sol et localisation, le potentiel de rendement hydrique (c’est-à-dire tenant compte uniquement du stress hydrique) pour un blé type Anvergur semé fin octobre.
Les chiffres indiqués ne sont pas à prendre forcément au pied de la lettre : le rendement potentiel peut d’ailleurs légèrement remonter en fonction des pluies de fin de cycle. Mais ils permettent d’encadrer le dernier apport d’azote, en réévaluant le dernier apport habituel par rapport à ce potentiel.
Tableau 2 : Potentiels de rendement en q/ha hydriques en date du 23/04/2026 par type de sol et localisation (modèle Garric, ARVALIS)
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