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Normandie

Azote sur blés : pas de baisse de dose à prévoir malgré les prix

Les facteurs économiques externes s’accumulent, et avec eux, la fluctuation des prix de l’azote et du grain pour les agriculteurs : ça peut donner le vertige ! Il est l’heure de refaire ses calculs, sans oublier ses fondamentaux techniques.

Un distributeur d'engrais épand de l'azote sur du blé en 2026, en Normandie

Plus que jamais, s’assurer que chaque unité est bien valorisée !

Dans le contexte économique actuel, optimiser chaque unité d’azote apportée est plus stratégique que jamais. L’occasion de poser nos recommandations habituelles.

  • Apporter aux bons stades 

→ Pour coller les apports au plus près des besoins. Actuellement, arrive la période où le blé absorbe le plus d’azote (figure 1). Cette année encore, il existe une forte variabilité de stades entre les parcelles : il est donc crucial d’adapter ses apports en fonction. 

Figure 1 : Dynamique d’absorption d’azote du blé tendre du 1er janvier au 1er août - essais physiologiques ARVALIS - Normandie - 1999-2024

Figure 1 : Dynamique d’absorption d’azote du blé tendre du 1er janvier au 1er août - essais physiologiques ARVALIS - Normandie - 1999-2024
  • Fractionner en trois ou quatre passages 

→ C’est le meilleurs compromis pour apporter au plus près des besoins justement, mais aussi s’adapter à des conditions climatiques variées entre et au cours de l’année. 

  • Quand c’est possible, réaliser les apports avant des pluies 

→ L’optimum, c’est 15 mm sous 15 jours pour la solution azotée, et 15 mm sous 30 jours pour l’ammonitrate. S’il fait sec, ça marche moins bien, mais l’efficience n’est pas de 0 non plus ! (environ 50 % pour la solution 39, et 70 % pour l’ammonitrate).

  • Recourir à des formes d’engrais plus efficientes. 
  • Piloter son dernier apport grâce aux outils d’aide à la décision (satellites, N-Tester, CHN) 

→ les apports de 40, voire 80 kg N/ha, conseillées par un outil d’aide à la décision en fin de cycle sont généralement très bien valorisés (+4 à 6 q/ha et +0,6 % de protéines), tout en permettant de s’adapter au contexte climatique et parcellaire pour ne pas gâcher d’azote. 


Supprimer arbitrairement le dernier apport : un choix qui peut coûter cher !

Avant de supprimer arbitrairement le dernier apport pour « faire des économies », il faut bien en saisir l’enjeu. Des essais récents ont montré qu’en enlevant 40 kg N/ha sur le dernier apport (DT = X-40), on perd en moyenne 4 q/ha et 1,1 point de protéines. Cet apport qu’on appelle souvent « apport qualité » sert aussi à remplir la benne !


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Peu d’écart entre l’optimum technique et l’optimum économique aujourd’hui

Les équipes d’ARVALIS ont actualisé leurs matrices d’ajustement des doses.

Pour rappel, ces matrices doivent être utilisées avec précaution : elles sont vraies à l’optimum technique de fertilisation (recommandations ci-dessous), et en fonction du prix définitif de l’azote et du blé.

Quoi qu’il en soit, dans les conditions économiques actuelles, l’écart entre l’optimum technique et l’optimum économique reste généralement faible. En d’autres termes, à l’optimum, les derniers quintaux - tout comme les derniers points de protéines - conservent une rentabilité satisfaisante.

Prendre le temps de diagnostiquer le besoin de sa parcelle entre 2 nœuds et dernière feuille pointante pour ajuster la dose et attendre dernière feuille pointante-étalée pour solder son azote sera plus que jamais la bonne option cette année. Les conditions sèches prévues ces prochains jours nous poussent encore plus à attendre (jusque gonflement pour espérer un impact sur le rendement).

Message rédigé par ARVALIS en concertation avec : la coopérative de Creully, D2N, Natup et Sevépi.

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