Vague de froid : quels risques encourus par les céréales
La vague de froid de la semaine dernière a été significative, avec des températures dépassant localement les -10°C. Quel impact sur les prévisions de stades des blés et orges de la région ?
Une avancée des stades ralentie par la vague de froid
L’évolution des cumuls de températures a légèrement chuté avec ces derniers jours de froid mais les valeurs restent malgré tout au-dessus de la médiane pluriannuelle.
Figure 1 : Evolution des cumuls des températures moyennes à Bergerac (24) depuis le 20 octobre 2025
Les blés semés entre mi-octobre et début novembre sont actuellement au stade plein tallage ainsi que l’ensemble des semis d’orge (jusqu’à mi-novembre). Les semis de fin novembre, quant à eux, seront à ce stade entre fin janvier et mi-février.
A ce jour, les prévisions de stades indiquent que les premiers stade épi 1 cm arriveront début mars pour les orges et de début à mi-mars pour les semis de blé les plus précoces. Ces prévisions de stade estimatives seront affinées avec l’avancée du cycle.
Tableau 1 : Dates prévisionnelles des stades début tallage et épi 1 cm en blé tendre selon la date de semis, la variété et la station
Tableau 2 : Dates prévisionnelles des stades début tallage et épi 1 cm en orge d’hiver selon la date de semis, la variété et la station
Des risques liés aux stades de développement
Faut-il s’attendre à voir des dégâts liés au gel sur les céréales ? Cela va surtout dépendre du stade de développement ! Les semences venant tout juste d’être semées (non germées) peuvent résister jusqu’à -30°C, mais dès lors que la germination opère, puis la sortie du coléoptile à la surface du sol, la céréale est bien plus sensible et ne tolère des températures jusqu’à -6°C seulement. Ensuite, dès que l’on atteint le stade 3-4 feuilles jusqu’à tallage, la céréale pourra résister à des gels de -12°C à -30°C.
Certaines situations climatiques peuvent être des facteurs aggravants, comme notamment une humidité importante du sol ou l’apparition brutale du froid.
Attention, toutes les cultures ne présentent pas la même sensibilité au gel : l’orge de printemps semée à l’automne est l’espèce la plus à risque. Viennent ensuite l'avoine, le blé dur, l’orge d’hiver et le blé tendre. Le triticale et le seigle sont potentiellement les plus résistantes.
Figure 1 : Niveaux maxima de résistances au froid et variabilité génétique chez différentes espèces
Les symptômes liés aux dégâts de gel sont souvent les suivants :
- jaunissement puis dessèchement des jeunes feuilles ;
- rougissement passager de la courbure des feuilles ;
- jaunissement et dessèchement de la pointe des jeunes feuilles, voire de leur totalité. Feuilles desséchées molles, pendantes.

Les risques de dégâts de froid sont donc faibles à très faibles. Les températures sont descendues progressivement durant les jours précédents le « grand froid » laissant le temps aux céréales de « s'endurcir ».
Seules les parcelles de blés tendres ou blés durs semés autour du 12 décembre (date estimée sur la base de la somme des degrés jour : 150°Cj) présenteraient un risque plus élevé.
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