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Hauts-de-France

Semis de céréales 2026 : diversifier son bouquet variétal 

Lors des années extrêmes, les observations montrent que les variétés de blé les plus plastiques tirent leur épingle du jeu. Pour le choix variétal 2026, Chevignon reste une valeur sûre. Mais n’hésitez pas à y intégrer des nouveautés, afin de mettre toutes les chances de son côté face aux aléas climatiques.

 

Essais variétés 2025 en Hauts de France

Des rendements qui stagnent…

Jusqu’en 1996, un progrès génétique est observé avec un gain de 1.3 q/ha/an. Cependant, à partir de 1997, les rendements semblent « plafonner ». Le gain annuel n’est plus que de 0.05 q/ha/an. 

Figure 1 : Evolution du rendement depuis 1960 en France - Exemple du blé tendre, même tendance pour les autres céréales à paille – Source Agreste

Figure 1 : Evolution du rendement depuis 1960 en France - Exemple du blé tendre, même tendance pour les autres céréales à paille – Source Agreste

Même constat dans le nord de la France. 

Figure 2 : Evolution du rendement dans le nord de la France

Figure 2 : Evolution du rendement dans le nord de la France -

Quelle est réellement la cause de cette stagnation ? Moins de progrès génétique ? Ou cause climatique, pratique agronomique ?

Un progrès génétique toujours bien présent !

Une étude réalisée par ARVALIS entre 2013 et 2014 a comparé 21 variétés inscrites en France et largement cultivées entre 1950 et 2012. Dans 5 essais Nord France, il a été observé une augmentation moyenne du rendement de l’ordre de 0.5 q/ha/an.

Figure 3 : Evolution du rendement - Réseau Progrès génétique (ARVALIS) - 5 essais Nord France (02,51,14) 2013-2014

Figure 3 : Evolution du rendement - Réseau Progrès génétique (ARVALIS) - 5 essais Nord France (02,51,14)  2013-2014

Figure 4 : Evolution du rendement - Réseau Progrès génétique (UFS / ARVALIS) - 11 essais Nord France 2025

Figure 4 : Evolution du rendement - Réseau Progrès génétique (UFS / Arvalis) - 11 essais Nord France 2025

En 2025, le réseau Progrès génétique (UFS / ARVALIS et autres partenaires de la filière) a une volonté de tester des variétés anciennes inscrites entre les années 80 et ces dernières années, afin de mettre en avant le progrès génétique. Et sur 11 essais Nord France, le gain se confirme avec une moyenne de +0.46 q/ha/an. Autrement dit, les « élites » d’hier restent bien inférieures par rapport aux « élites » d’aujourd’hui : le progrès génétique est donc toujours bien présent. 


Mais alors, si les variétés continuent de progresser, pourquoi ne retrouve-t-on pas ce progrès dans l’évolution des rendements ? 

Une culture de plus en plus confrontée aux aléas climatiques

Depuis ces 20 dernières années, nous sommes confrontés à de forts aléas climatiques. Excès d’eau et manque de rayonnement de fin de cycle en 2021, sécheresse et fortes chaleurs en 2022, manque de rayonnement, pluviométrie importante et forte pression maladies en 2024, puis sécheresse intense et records de chaleur en 2026. 

 

Le progrès génétique est toujours présent. Ce sont les aléas climatiques, de plus en plus fréquents et intenses, qui limitent son expression et la progression des rendements

 

Et dans ce contexte de forte variabilité, toutes les variétés n’ont pas la même capacité à « encaisser » les coups. C’est là que la plasticité variétale est importante. 

Une plus grande plasticité des nouvelles variétés ?

Avec des printemps de plus en plus secs, on observe davantage de régressions de talles. Dans ces situations, difficile de miser uniquement sur le nombre d’épis : il faut surtout pouvoir compter sur des variétés capables de compenser par une bonne fertilité des épis et par le poids de mille grains.
 

Et les trois dernières campagnes ont plutôt bien permis de faire le tri ! Avec des conditions climatiques très différentes et parfois extrêmes, les variétés qui ont réussi à rester performantes sont souvent les plus rustiques et les plus plastiques, capables de compenser lorsqu’une composante du rendement est pénalisée.

Figure 5 : Nombre de grains par épis en fonction de l’année d’inscription - Observatoire Hauts-de-France 2026

Figure 5 : Nombre de grains par épis en fonction de l’année d’inscription - observatoire Hauts-de-France 2026

Cette année en est un bon exemple : avec les fortes canicules, le PMG n’a pas vraiment eu l’occasion de s’exprimer. La compensation s’est donc surtout faite sur le nombre de grains par épi. Et ce n’est pas un hasard si beaucoup des variétés en tête cette année affichent une très bonne fertilité des épis, même s’il existe bien sûr quelques exceptions.

 

Thermidor, Kingkong, Su Hystoric ou Funny par exemple, se retrouvent en tête des rendements grâce à un excellente fertilité épi.

 

Même si le PMG n’a pas pu s’exprimer pleinement cette année avec les deux premières canicules, ce sont bien les variétés avec, soit une meilleure fertilité, soit un meilleur PMG (ou les deux !) que les autres qui s’expriment le mieux.

 

Après trois campagnes aussi particulières, le message pour la campagne 2026/2027 est donc assez simple : ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier ! Chevignon  reste une valeur sûre, mais n’hésitez pas à aller chercher de la nouveauté. Les nouvelles variétés apportent chaque année des profils intéressants, avec davantage de plasticité et de capacité à s’adapter aux différents scénarios climatiques. C’est là tout l’enjeu de la semence certifiée, pour aller vers de la nouveauté !

 

L’objectif au final, c’est de diversifier son bouquet variétal pour mieux sécuriser le rendement, quelle que soit l’année qui nous attend.

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