Retour des pluies à la floraison des blés : attention au risque fusarioses
Les pluies font leur retour après un mois d’avril sec. Cet épisode pluvieux, qui pourrait se prolonger sur plusieurs jours, coïncide avec l’entrée en floraison des blés. Au-delà de la lutte contre les fusarioses, le traitement à floraison permet également d’assurer un relais sur les maladies du feuillage, notamment la septoriose, la rouille jaune et la rouille brune.
Quel est le risque fusarioses ?
Le principal facteur de risque de développement des fusarioses est lié au cumul de pluviométrie dans les 14 jours autour de la floraison. Les conditions sont donc favorables si les pluies se maintiennent. L’épisode de sécheresse d’avril 2026 a pu limiter la contamination, notamment en Centre-Val de Loire, mais des contaminations restent possibles. En revanche, la sécheresse ayant été moins marquée en Auvergne, le risque fusarioses y est plus élevé dans ce secteur.
Le risque de Fusarium graminearum et d’accumulation de DON varie selon les parcelles, indépendamment des pluies à floraison. L’évaluation du risque parcellaire est indispensable avant toute intervention.
Tableau 1 : Grille d’évaluation du risque d’accumulation (DON) dans le grain de blé tendre lié à la fusariose sur épi (Fusarium graminearum)
Si des facteurs agronomiques peuvent influer sur le risque Fusarium graminearum (précédent, travail du sol, sensibilité variétale), concernant les espèces de Microdochium, ils ne semblent pas avoir d’influence : seules les conditions météo autour de la floraison (pluies, maintien d’une forte hygrométrie) déterminent le risque. Il n’existe pas de grille de risque et classement variétal. Cette année, les cumuls de pluies importants annoncés ainsi que le rafraîchissement des températures pourraient favoriser le développement des Microdochium spp. Rappelons que les Microdochium spp ne produisent pas de DON mais peuvent impacter le rendement.
Maladies foliaires : une opportunité de relais sur les rouilles ?
En lien avec le retour de l’humidité et des températures plus fraîches, des cas de rouille jaune sont remontés principalement sur variétés sensibles. En présence d’un risque de rouille jaune, voire de rouille brune, le choix du traitement T3 doit être adapté à la situation parcellaire afin de garantir une efficacité optimale sur les cibles visées.
Choisir un produit efficace, au bon stade et dans de bonnes conditions en cas de risque
Les associations à base de prothioconazole et tébuconazole, comme Prosaro et Kestrel, figurent parmi les solutions les plus efficaces, avec une action à la fois sur Fusarium graminearum et Microdochium spp. Dans les situations à risque élevé, les doses de 0,8 à 1 l/ha permettent de sécuriser à la fois la protection anti-fusarioses et le contrôle de la septoriose et des rouilles.
Quelle que soit la solution utilisée, l’efficacité maximale sur fusarioses (50 à 60 % pour les meilleures spécialités) est obtenue lorsque plusieurs conditions sont respectées :
- Positionnement du traitement
- Pour Fusarium graminearum : le stade début floraison est déterminant pour une efficacité optimale.
- Pour Microdochium spp. : la fenêtre d’intervention est plus souple.
- En situation mixte : le positionnement doit être calé sur Fusarium graminearum (début floraison).
- Volume de pulvérisation
Un minimum de 150 l/ha est recommandé, quel que soit le type de buses. Les essais montrent que le volume de bouillie est plus déterminant que le choix des buses ou l’ajout d’adjuvants pour assurer un bon recouvrement de l’épi.
En cas de présence uniquement de rouilles et si intervention nécessaire, une stratégie à base de triazole et/ou strobilurine peut être envisagée, en tenant compte des matières actives déjà utilisées précédemment et en veillant à leur alternance.
Tableau 2 : Efficacité des produits sur les maladies d’épis et du feuillage
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