Retour des pluies et développement de la rouille jaune : comment protéger son blé ?
Les blés, se situant entre gonflement et épiaison, sont actuellement exposées au retour des pluies. Se posent deux questions dans la plaine : quand positionner une intervention si la dernière feuille n’a pas pu être encore protégée ? Comment gérer le développement de la rouille jaune ? Voici quelques éléments de réponse.
Le plus urgent : protéger la dernière feuille étalée vis-à-vis de la septoriose
Le fort vent de la semaine dernière et les nombreux chantiers ont pu perturber le passage de fongicides sur blé.
En cas de non passage, il est important de pouvoir passer avec des doses adaptées à la situation dès qu’une accalmie se présentera. En effet, ce traitement est, même en année sèche, le plus important en termes de retour sur investissement. La dernière feuille contribue très fortement au rendement des blés. Dans la région, il est important de la maintenir fonctionnelle la plus longtemps possible, en particulier dans les sols moyennement profonds à profonds où la fin de cycle est généralement plus longue . Une protection au stade épiaison sera rentabilisée.
A quelles doses ? En fonction de l’état des feuilles inférieurs (F2, F3, F4), il est possible soit de mettre la dose prévue en cas de feuilles saines, soit de la renforcer en cas de feuilles déjà contaminées.
Que faire en cas d’apparition significative de rouilles alors que la protection de la dernière feuille a été réalisée ?
Cela va dépendre du traitement réalisé à dernière feuille (nature des matières actives et délai) et du niveau de rouille observé (emprise des symptômes + évolution de la situation).
- En cas de non prise en compte du risque rouilles (jaune et/ou brune) à dernière feuille étalée, intervenir avec une strobilurine (ex. :125 g d’azoxystrobine) ou une triazole (ex. : 150 g de tébuconazole). Si la pression est plus importante (présence de foyers dans la parcelle), associer les deux familles, comme avec tébuconazole 125 g + azoxystrobine 100 g.
- En cas de protection dernière feuille incluant une protection rouilles, attendre un délai de quelques jours avant de vous inquiéter. En cas d’évolution de la maladie (pustules actives), utiliser les solutions évoquées au cas précédent en privilégiant le tébuconazole, dont l’action curative est supérieure à celle des strobilurines.
Sur rouille jaune : azoxystrobine et pyraclostrobine pour les strobilurines et le tébuconazole pour les triazoles sont les substances actives les plus efficaces.
Sur rouille brune : mêmes molécules + metconazole.
Ne pas confondre taches physiologiques et maladies foliaires cette année !
Comme l’an passé, les taches physiologiques sont courantes sur certaines variétés cette année, comme Thermidor.
Voici quelques astuces pour ne pas tomber dans le « piège de l’helminthosporiose du blé », maladie jamais vu de nos propres yeux en Île-de-France.
Comment savoir soi-même faire la distinction entre taches physiologiques et maladies ?
La confusion avec de la septoriose ou de l’helminthosporiose est facile. Plusieurs indices peuvent vous aider :
- La distribution des symptômes : les maladies progressent généralement du bas vers le haut alors que la distribution des symptômes physiologiques ne répond pas à cette logique et se concentre sur un, voire deux étages foliaires dans les situations les plus marquées.
- Le contexte de la parcelle : l’helminthosporiose du blé est une maladie rare dans notre région, plutôt rencontrée dans le nord-est de la France. Les blés sur blé sans labour sont principalement concernés. L’implantation d’une variété sensible est également un facteur de risque. En cas de présence généralisée au sein d’un territoire, cela apporte un argument supplémentaire pour orienter le diagnostic vers la cause physiologique.
- Un test en chambre humide ou bouteille : ce test simple est expliqué dans la figure 2. En cas de taches physiologiques, les symptômes n’évolueront pas. En cas de maladie, des fructifications de champignons apparaîtront et seront visibles avec une loupe de poche : pycnide pour de la septoriose, conidiophores et conidies pour l’helminthosporiose (voir photos ci-dessous). Attention, le développement de champignons saprophytes peut prêter à confusion. Bien regarder la forme et la couleur et ne pas laisser l’échantillon plus de 48 h dans la chambre humide.
Figure 2 : Test de la chambre humide ou bouteille
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