Articles et actus techniques
Normandie

Ramulariose sur orges d’hiver : rien ne sert d’intervenir

La majorité des orges a démarré la phase de remplissage, se situant autour des stades grain laiteux / grain pâteux. Des symptômes de ramulariose peuvent être désormais visibles, mais un traitement tardif serait inefficace à cette période. 

Ramulariose sur orges d’hiver en Normandie en 2026

Après floraison, la ramulariose ne peut plus être contrôlée

Lorsque les symptômes apparaissent sur les feuilles les plus exposées à la lumière, entre l’épiaison et la fin de la floraison, la maladie ne peut plus être contrôlée. La lutte ne peut être que préventive, et le traitement phytosanitaire est à décider a priori. Un traitement tardif après floraison n’aura qu’une efficacité très limitée et sa rentabilité, peu probable !

La lutte contre la ramulariose s’effectue dans le cadre de la protection chimique globale des orges contre les maladies foliaires. Cette protection est toutefois moyennement efficace. Cette maladie est, en effet, devenue très rapidement résistante aux strobilurines, et sa résistance aux SDHI est généralisée.

Parmi les solutions fongicides actuellement autorisées, ce sont celles à base de folpel (multisite) qui présentent à ce jour la meilleure efficacité sur ramulariose. Une efficacité moyenne contre la ramulariose est également obtenue avec les fongicides à base de mefentrifluconazole, qui s’avère le triazole qui reste la plus performante. Mais l’efficacité des triazoles est affectée les souches de ramulariose résistantes  aux IDM. L’efficacité des strobilurines est généralement moindre,  fortement affectées par la fréquence élevée de souches de ramulariose résistantes aux QOi.   

L’impact rendement de la ramulariose, lorsqu’elle est présente,  est d’autant plus important qu’elle rencontre à partir de l’épiaison – floraison des conditions favorables à son développement provoquant rapidement une sénescence anticipée des feuilles. Sur des attaques tardives, comme cela semble être le cas (épiaison fin avril), son impact sera réduit.

Les feuilles exposées à la lumière ont le plus de symptômes

La ramulariose est une maladie fongique qui a fortement marquée la récolte d’orge de 2024. On la reconnaît à ses « taches léopard », petites taches brunes entourées d’un halo jaune (chlorose), qui apparaissent sur les étages supérieurs autour du stade épiaison généralement. Cette maladie se transmet par le biais de contaminations externes, mais surtout par le biais des semences. Cette maladie est latente dans la plante : une fois les premiers symptômes visibles, il n'y a plus rien à faire.

ramulariose  sur orge d’hiver
Source : D2N
ramulariose  sur orge
Source : CA76

La maladie se développe très rapidement ; la senescence totale des feuilles/plantes peut prendre que quelques jours seulement (photos).

Sénescence après ramulariose

Le développement de la ramulariose est asymptomatique en début de cycle, c’est-à-dire que même lorsqu’elle est présente dans la plante, elle ne s’exprime qu’à partir de la floraison généralement (concordant avec l’apparition de stress nutritionnel et/ou environnementaux). La production d’une toxine spécifique va alors avoir lieu à ce moment-là. Cette toxine en question, la rubelline, est phytotoxique mais surtout photosensible. Donc une fois activée par la lumière, elle va détruire très  rapidement les parois cellulaires et accélérer la senescence des feuilles. La plante va dessécher dans un pas de temps très court et cela, du haut vers le bas, le haut de la plante étant davantage exposée aux rayonnements solaires et donc, à l’activation de la toxine. On observe dans les cas les plus extrêmes une dessication accélérée des parcelles en quelques jours seulement.

Les autres facteurs de risque identifiés, qui semblent prépondérants dans le développement de la maladie, sont : l’hygrométrie importante, notamment durant la période mai-début juin, l’excès d’eau/l’hydromorphisme, l’excès de rayonnement et les températures douces (15-25°C).

Pour les orges de printemps

En orge de printemps, quand l’helminthosporiose n’est pas la cible principale de la protection globale contre les maladies foliaires, la ramulariose est contrôlée avec une association SDHI + triazole appliquée au stade dernière feuille étalée. Pour les parcelles encore à ce stade, un traitement peut être appliqué.

A RETENIR
Après floraison, la maladie ne peut plus être contrôlée.

  • Dès l’apparition des symptômes (entre épiaison et fin floraison), toute intervention curative est inefficace et engendrera un coût inutile.
  • La gestion est uniquement préventive, intégrée à la protection globale, contre les maladies foliaires.
  •  Les attaques tardives ont généralement un impact rendement réduit, mais les attaques sévères peuvent provoquer des pertes de rendement jusqu’à 20 q/ha.    

Les feuilles exposées à la lumière ont le plus de symptômes

  • Maladie asymptomatique jusqu’à la floraison, les premiers symptômes apparaissent sur les feuilles les plus exposées à la lumière. 
  • Symptômes typiques en “taches de léopard” de couleur brun-noir, courtes, parallèles aux nervures, entourées d’un  halo jaune et traversantes sur les deux faces des feuilles (contrairement aux symptômes de grillure). 
  • Les fructifications apparaissent habituellement sur la face inférieure des feuilles. Elles forment des alignements de points blancs, émergeant des stomates.
  • La maladie entraîne une dessiccation rapide du feuillage, du haut vers le bas. Les symptômes sur feuilles restent identifiables jusqu’à la récolte.

    Facteurs favorables et gestion en orge de printemps
  • Facteurs aggravants : forte hygrométrie, excès d’eau, rayonnement élevé, températures douces (15–25°C).
  • En orge de printemps : contrôle possible au stade dernière feuille étalée avec une association SDHI + triazole si la protection n’est pas déjà orientée helminthosporiose.

Réagissez !

Merci de vous connecter pour commenter cet article.

Se connecter
Ou connectez-vous avec
Pas encore inscrit ?
Créer un compte
Mot de passe oublié

Un email vous sera envoyé pour réinitialiser votre mot de passe.