Pyrales en maïs : éviter les journées les plus chaudes pour la pose des trichogrammes
Les insectes foreurs, dont la pyrale, ont une incidence directe sur le rendement. La nuisibilité est en moyenne de 7 % par larve (ou galerie) par plante pour le maïs grain, 0,3 t de MS/ha pour 10 % de plantes attaquées en maïs fourrage. Ils participent également à la dégradation de la qualité sanitaire, en affaiblissant la plante et en favorisant la contamination par les champignons, notamment ceux de type Fusarium ; via les blessures au niveau des épis.
Quel niveau de risque a priori en 2026 ?
Avant de prendre la décision d’intervenir, plusieurs éléments sont à considérer. Tout d’abord, il est important de connaître la pression dans laquelle la parcelle se trouve.
Pour cela, il est possible de consulter le tableau de la pression larvaire établie dans le cadre du Bulletin de Santé du Végétal à l’automne 2025 (Tableau 1).
Tableau 1 : Pression larvaire dans les parcelles de maïs à l’automne 2025
La population larvaire à l’automne 2025 est exprimée en % de pieds atteints. Plus la population larvaire est importante, plus le risque de présence de pyrales en 2026 est élevé dans la parcelle observée et ses voisines, sans préjuger des méthodes prophylactiques qui ont pu être mises en œuvre cet automne/hiver, comme le broyage fin des cannes et des bas de tiges de maïs et/ou le labour.
Ce réseau d’observations reste cependant insuffisant pour être totalement représentatif et ne remplace pas les observations de dégâts que vous avez pu réaliser dans les parcelles de maïs en 2025.
En cours de campagne, les méthodes de lutte directe sont biologiques ou chimiques mais doivent être positionnées au bon moment pour optimiser leur efficacité
Les réseaux de surveillance (pièges phéromones et/ou lumineux) sont importants pour positionner au mieux les interventions. Ils ne constituent toutefois pas un indicateur de risque, le nombre d’individus piégés n’est pas corrélé à l’abondance de population présente à proximité des parcelles.
Pour être efficaces, les différents moyens de lutte nécessitent d’être bien positionnés par rapport au cycle des pyrales, en fonction de leurs modes d’action (figure 1).
Figure 1 : Stratégie de lutte contre la pyrale du maïs
Les trichogrammes sont des micro-hyménoptères, dont les femelles vont pondre dans les œufs de pyrale, parasitant spécifiquement ceux-ci.
Leur positionnement vise le début du vol de pyrales (début des captures significatives). L’efficacité est généralement satisfaisante mais peut être réduite lorsque la parcelle est fortement enherbée, si les conditions climatiques sont fortement variables, si la dose de trichogrammes est trop faible ou si la pression est très élevée.
Les autres solutions de lutte disponibles (Coragen - chlorantraniliprole, pyréthrinoïdes, Bacillus thurengiensis, Spinosad), dont l’action vise essentiellement les jeunes larves, sont à positionner au pic de vol (ou à défaut d’équipement spécifique, passer au stade limite passage tracteur) pour atteindre les jeunes larves avant qu’elles ne pénètrent à l’intérieur de la plante.
A noter que Coragen bénéficie d’un peu plus de souplesse dans le positionnement, il peut être anticipé sans diminuer son efficacité.
Il n’existe pas de lutte curative après la pénétration de la larve dans la tige.
En cas de lutte biologique, faut-il les poser les trichogrammes tout de suite ou attendre ?
Les trichogrammes (et les pyrales) n’aiment pas ces températures élevées : il vaut mieux attendre que les températures redescendent et éviter les journées les plus chaudes. Cependant, les pontes vont être très rapides lorsque les températures vont baisser (et l’hygrométrie augmenter). Il faudra être très réactif ! Autrement dit, des poses qui peuvent paraître tardives pourront s’avérer assez bien positionnées.
A retenir :
- Evaluer le risque a priori dans les parcelles en consultant la carte d’infestations larvaires de l’automne 2025.
- Déclencher la lutte, si nécessaire, biologique ou chimique au bon moment, y compris sur des parcelles de maïs à des stades jeunes. Il n’y a pas de lien entre le stade des maïs et le vol des pyrales.
- Dans notre région, le vol commence tout juste, et est plus tardif et moins intense que d’habitude. La pose des trichogrammes (manuelle ou par drone) peut être effectuée dans les jours à venir en évitant les journées les plus chaudes.
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