Articles et actus techniques
Hauts-de-France

Pyrales du maïs : poser les trichogrammes dès la baisse des températures

Les vols de pyrales sont précoces cette année. Il faut toutefois attendre qu’il fasse moins chaud pour positionner les trichogrammes.

Pose de trichogrammes contre la pyrale du maïs en 2026 en Hauts-de-France

Les insectes foreurs, dont la pyrale, ont une incidence directe sur le rendement. La nuisibilité est en moyenne de 7 % par larve (ou galerie) par plante pour le maïs grain, 0,3 t de MS/ha pour 10 % de plantes attaquées en maïs fourrage. Ils participent également à la dégradation de la qualité sanitaire, en affaiblissant la plante et en favorisant la contamination par les champignons, notamment ceux de type Fusarium ; via les blessures au niveau des épis. 

Quel niveau de risque a priori en 2026 ? 

Avant de prendre la décision d’intervenir, plusieurs éléments sont à considérer. Tout d’abord, il est important de connaître, la pression dans laquelle la parcelle se trouve. 

Pour cela, il est possible de consulter la carte de la pression larvaire établie dans le cadre du BSV Hauts-de-France (Bulletin de Santé du Végétal) à l’automne 2025 (carte 1). La population larvaire à cette époque est exprimée en nombre moyen de larves par plante. 

Plus la population larvaire est importante, plus le risque de présence de pyrales en 2026 est élevé, pour la parcelle observée et les parcelles voisines, sans préjuger des méthodes prophylactiques qui ont pu être mises en œuvre cet automne/hiver, comme le broyage fin des cannes et des bas de tiges de maïs et/ou le labour. 

Carte 1 : Comptages de larves de pyrales dans les parcelles de maïs à l’automne 2025

Carte 1 : Comptages de larves de pyrales dans les parcelles de maïs à l’automne 2025
Carte réalisée avec la participation des observateurs du BSV, Fredon Hauts-de-France, la coopérative CERESIA.

Une parcelle dans le secteur de Beauvais comportait plus de 0,8 larve par pied en moyenne, soit un risque élevé pour 2026, et 12 parcelles comportaient plus de 0,5 larve par pied (Picardie), soit un risque moyen, sur le réseau d’observations 2025.  

Ce réseau d’observations reste cependant insuffisant (notamment dans le Nord/Pas-de-Calais) pour être totalement représentatif et ne remplace pas les observations de dégâts que vous avez pu réaliser dans vos parcelles de maïs l’année dernière.

Où en sommes-nous du vol de pyrales ?

Le BSV publié le 23 juin fait état des captures sur 16 pièges (BSV + réseau de piégeage ARC Farm Intelligence) : 6 pièges sont indemnes, 10 pièges ont capturé entre 1 et 5 papillons. A nouveau, il n’y qu’un seul piège dans le Nord/Pas-de-Calais. Le vol est précoce cette année.

En cours de campagne, les méthodes de lutte directe sont biologiques ou chimiques mais doivent être positionnées au bon moment pour optimiser leur efficacité

Les réseaux de surveillance (pièges phéromones et/ou lumineux) sont importants pour positionner au mieux les interventions. Ils ne constituent toutefois pas un indicateur de risque, le nombre d’individus piégés n’est pas corrélé à l’abondance de population présente à proximité des parcelles. 

Pour être efficaces, les différents moyens de lutte nécessitent d’être bien positionnés par rapport au cycle des pyrales, en fonction de leurs modes d’action (figure 1).

Figure 1 : Stratégie de lutte contre la pyrale du maïs

Figure 1 : Stratégie de lutte contre la pyrale du maïs

Les trichogrammes sont des micro-hyménoptères, dont les femelles vont pondre dans les œufs de pyrale, parasitant spécifiquement ceux-ci. 

Leur positionnement vise le début du vol de pyrales (début des captures significatives). L’efficacité est généralement satisfaisante mais peut être réduite lorsque la parcelle est fortement enherbée, si les conditions climatiques sont fortement variables, si la dose de trichogrammes est trop faible ou si la pression est très élevée.

Les autres solutions de lutte disponibles (Coragen - chlorantraniliprole, pyréthrinoïdes, Bacillus thurengiensis, Spinosad), dont l’action vise essentiellement les jeunes larves, sont à positionner au pic de vol (ou à défaut d’équipement spécifique, passer au stade limite passage tracteur) pour atteindre les jeunes larves avant qu’elles ne pénètrent à l’intérieur de la plante. 

A noter que Coragen bénéficie d’un peu plus de souplesse dans le positionnement, il peut être anticipé sans diminuer son efficacité.

Il n’existe pas de lutte curative après la pénétration de la larve dans la tige.

En cas de lutte biologique, faut-il les poser les trichogrammes tout de suite ou attendre qu’il fasse moins chaud ?

Les trichogrammes (et les pyrales) n’aiment pas ces températures élevées, il vaut mieux attendre le début de la semaine prochaine que les températures redescendent. Cependant, les pontes vont être très rapides lorsque les températures vont baisser (et l’hygrométrie augmenter). Il faudrait être très réactif ! Autrement dit, des poses qui peuvent paraître tardives pourront s’avérer assez bien positionnées.

A retenir :

  • Evaluer le risque a priori dans les parcelles en consultant la carte d’infestations larvaires de l’automne 2025.
  • Suivre les relevés des pièges effectués dans le BSV.
  • Déclencher la lutte, si nécessaire, biologique ou chimique au bon moment, y compris sur des parcelles de maïs a des stades jeunes. Il n’y a pas de lien entre le stade des maïs et le vol des pyrales.
  • Dans notre région, le vol a débuté, il est précoce. La pose des trichogrammes (manuelle ou par drone) peut être effectuée dans les jours à venir, une fois que les températures auront baissé.

Réagissez !

Merci de vous connecter pour commenter cet article.

Se connecter
Ou connectez-vous avec
Pas encore inscrit ?
Créer un compte
Mot de passe oublié

Un email vous sera envoyé pour réinitialiser votre mot de passe.