Pucerons vecteurs de la JNO : vigilance sur les semis précoces de blé
En blé, les semis ont redémarré la faveur d’une période plus sèche. Concernant la première vague précoce, qui s’est étalée jusqu’au 18 octobre environ, les levées ont été rapides, avec des conditions douces favorables au risque ravageurs d’automne (pucerons et cicadelles). Voici la « Météo des pucerons » afin de vous aider dans l’évaluation du risque de vos parcelles.
Quel risque aujourd’hui ?
Cette année, nous vous proposons de suivre à pas de temps régulier le risque d’infestation des céréales par les pucerons vecteurs de jaunisse nanisante de l’orge en fonction de la date de semis et du secteur. Ce risque est calculé par le modèle Aphibox développé par ARVALIS. Il a été construit à partir de près de quinze années de données d'essais et d'observations. Il combine des conditions météorologiques observées, des prévisions météo à sept jours, la date de semis et les connaissances acquises sur la biologie et la dynamique des populations de pucerons. Cet outil constitue une aide à la décision et permet de hiérarchiser les situations à risque, mais ne se substitue pas aux observations de terrain. Il ne prend pas en compte le risque cicadelles.
Des conditions de fin d’été moins propices ?
La fin d’été très chaude et sèche, ayant limité les repousses de graminées et de céréales, pourrait contribuer à limiter les réservoirs à pucerons. Par ailleurs, les récoltes très précoces des maïs vont dans le même sens d’un réservoir plutôt restreint. C’est le premier constat que l’on peut établir. Les conditions pluvieuses et venteuses de la semaine dernière ont pu être plutôt défavorables au vol de pucerons vis-à-vis des parcelles toute juste levées. Mais les températures actuelles et à venir encore douces nous orientent à être bien vigilant sur les parcelles semées les plus précocement.
Surveiller la présence des pucerons et cicadelles dès la levée
En effet, les températures moyennes actuelles autour des 12°C et à venir restent favorables à l’activité des pucerons (vols et multiplication). La vigilance est de mise dès la levée des céréales.
Sur jeunes plantes, les pucerons sont facilement visibles sur les feuilles, à condition de respecter quelques règles pour les observer :
- Privilégier les conditions ensoleillées, sinon a minima les heures les plus chaudes de la journée (fin de matinée / début d’après-midi).
- Observer les zones de la parcelle les plus à risque (proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, jachères, maïs…).
- Rechercher la présence de pucerons sur des séries de dix plantes (plusieurs lignes de semis).
- En conditions d’observations non optimales, l’absence de pucerons ne permet pas de conclure sur l’absence de risque. Il est alors préférable de renouveler l’observation lorsque les conditions sont à nouveau favorables.
Les pièges jaunes sont un bon indicateur des vols de pucerons, mais ils ne donnent aucune indication sur leur développement dans la parcelle. La fréquence de plantes habitées par les pucerons dans la parcelle reste le meilleur indicateur pour l’analyse de risque.
Que faire en présence de pucerons ?
Il est recommandé d’intervenir dès lors que les observations ont révélé que 10 % des plantes sont porteuses de pucerons ou quand la présence de puceron(s) est observée dans la parcelle pendant plus de dix jours. La plupart des variétés d’orge d’hiver cultivées dans la région sont tolérantes à la JNO. Pour ces variétés, il est recommandé de respecter les dates de semis préconisées permettant ainsi de ne pas recourir à un traitement insecticide contre les pucerons. Pour les variétés sensible JNO, une fois le seuil atteint, il y a une certaine latitude pour intervenir car les insecticides disponibles à action de contact ont une persistance d’action assez limitée.
En effet, les essais menés sur la station ARVALIS du Magneraud montrent une certaine souplesse dans le positionnement des traitements insecticides. En semis précoce, un décalage de l'intervention d’une douzaine de jours après l'atteinte du seuil n'a généralement pas pénalisé l'efficacité. Dans plusieurs situations, le traitement tardif a même permis de mieux cibler des arrivées de pucerons plus tardives. Ces résultats rappellent que les seuils constituent avant tout une aide à la décision et que le positionnement doit tenir compte de la dynamique réelle des populations et des conditions climatiques.
Figure 2 : Impact de la température et de la pluviométrie sur l'activités des pucerons (Météo France - ARVALIS)
Et en cas de cicadelles ?
La présence de cicadelles (Psammotettix alienus, vectrice de la maladie des pieds chétifs) peut être appréciée par piégeage sur plaque engluée jaune (car très mobile). L’intervention est recommandée quand l’effectif de captures hebdomadaires atteint trente individus, ou bien, dans le cas d’un suivi bi-hebdomadaire, lorsqu’il est observé une différence d’une vingtaine de captures entre deux relevés.
Une observation directe sur la parcelle peut également être pratiquée en période ensoleillée, la plus chaude de la journée, pour déclencher le traitement. Si une forte activité est observée (observations sur cinq endroits de la parcelle faisant sauter devant soi au moins cinq cicadelles pour chaque endroit), le traitement doit être immédiat.
En direct des expérimentations de la station du Magneraud : pour des situations de semis très précoces effectuées pour des besoins spécifiques d’expérimentation (non recommandées pour des préconisations de terrain), l’activité des pucerons est particulièrement élevée depuis la levée. Ces observations nous incitent à une vigilance accrue pour les semis les plus précoces (période des 10-18 octobre) et les prochaines levées des céréales.
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