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Hauts-de-France

Orge d’hiver : retour sur les faits marquants de la campagne 2025-2026

Après un début de campagne sous les meilleurs auspices, les orges d’hiver ont eu jusqu’à deux semaines d’avance en sortie d’hiver. Puis, la sécheresse printanière et les coups de chaud ont entamé le potentiel mis en place. Au final, les rendements sont en retrait de 10 % par rapport à la moyenne pluriannuelle.

Une moissonneuse batteuse récolte l'orge d'hiver

Une météo très favorable aux semis

Les conditions météorologiques favorables du mois d’octobre ont permis une avancée rapide des semis dans la région. 80 % de la sole d’orge d’hiver a été semée au 20 octobre 2025, contre 58 % l’année précédente. Des levées homogènes ont été observées sur la plupart des parcelles. 

Les pluies de mi-octobre / fin novembre associées aux désherbages de pré et postlevée ont pu provoquer quelques manques de sélectivité.

Figure 1 : Avancée des semis d’orge d’hiver en Hauts-de-France pour la récolte 2026, 2025 et pluriannuelle

Figure 1 : Avancée des semis d’orge d’hiver en Hauts-de-France pour la récolte 2026, 2025 et pluriannuelle
Source : données Agreste

Stades : une année historiquement précoce

La campagne 2025-2026 a été marquée par des conditions météorologiques hivernales particulièrement douces, qui ont favorisé une sortie d'hiver précoce et une reprise rapide de la végétation. 

Dès le début de la campagne, une importante avance des stades était observée, avec un stade épi 1 cm atteint près de deux semaines plus tôt que l'an dernier. Au fil de la campagne, cette avance s'est progressivement réduite pour n'être plus que d'environ huit jours au stade de la dernière feuille étalée. 

L’épisode de fortes chaleurs du 22 au 31 mai est survenu à une période particulièrement sensible pour les orges, en pleine phase de remplissage des grains. Au 27 mai, près de 70 % des orges de la région avaient déjà atteint le stade grain laiteux, exposant une part importante des surfaces aux effets potentiels de ce stress thermique.

Désherbage efficace, pression maladies moyenne et contrôlée

Les créneaux des désherbages d’automne ont été favorables, aboutissant globalement à une bonne efficacité et sans gros problème de sélectivité, même si on observe que l’état de la plaine se dégrade d’année en année… Les fortes biomasses à la sortie de l’hiver ainsi que le pouvoir couvrant de l'orge ont également accentué sa capacité à concurrencer les adventices. 

L’automne a été marqué par une forte pression de pucerons. La pression a été très bien contrôlée grâce aux passages d’un ou deux insecticides. Quelques parcelles ont été impactées lorsque les insecticides ont été réalisés trop tardivement (après le stade 2 feuilles de l’orge). 

Côté maladies, la faible pluviométrie du printemps à conduit à une plaine relativement saine. La maladie la plus observée cette année dans la région reste la rouille naine, mais elle est généralement bien contrôlée. De l’helminthosporiose est également constatée. Très faible pression en rhynchosporiose suite aux périodes de sécheresse sur le printemps. Quelques observations de ramulariose sur variétés sensibles (KWS Faro, Démentiel…) en fin de cycle.

Un risque verse modéré

Le niveau de verse observé cette année est globalement moyen à fort. Le risque verse était élevé en début de campagne (gros reliquats à la sortie de l’hiver et forte biomasse), mais le mois d’avril ensoleillé et sec a conduit à des régressions de talles, donc des biomasses modérées. Malheureusement, les gros épisodes orageux survenus en juin dans la région ont provoqué de la verse. 

Une récolte précoce et des rendements décevants

L’épisode chaud et sec du mois d’avril a conduit à une importante régression de talles, affectant le nombre d’épis par m² (environ -10 % par rapport à la moyenne pluriannuelle 2014-2026). En revanche, le bon rayonnement a permis une bonne fertilité des épis. Dans les limons, celle-ci a plutôt compensé le nombre d’épis un peu plus faible (elle est même supérieure à ce que l’on devait obtenir étant donné le nombre d’épis).

L’épisode caniculaire de fin mai est survenu pendant le remplissage et a impacté les PMG. Par rapport au blé, le 1er épisode de canicule de fin mai est arrivé pendant la phase la plus sensible des orges soit de grain formé à grain laiteux.

Figure 2 : Remplissage des grains d’orge d’hiver en fonction de la température cumulée depuis le stade épiaison

Figure 2 : Remplissage des grains d’orge d’hiver en fonction de la température cumulée depuis le stade épiaison

Finalement, même si la fertilité épis a été bonne, le remplissage n’a pas permis d’assurer des rendements dans la moyenne. On retiendra environ -10 % de rendement par rapport à la moyenne pluriannuelle.

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