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Centre-Val de Loire / Île-de-France

Jaunissements sur orges : envisager la piste de la mosaïque 

Depuis plusieurs jours, les orges montrent ponctuellement des signes de jaunissements. Sans avancer de diagnostic définitif, la mosaïque pourrait en être la cause. A confirmer par une analyse virologique.

Taches de mosaïque sur des feuilles de blé début février 2026 en Ile-de-France

En quoi la mosaïque reste une hypothèse valable ? 

La mosaïque est transmise par un champignon du sol, Polymyxa graminis, inféodé à la parcelle et qui contamine les racines des céréales à l’automne. Les virus de la mosaïque de l’orge sont majoritairement observés sur des sols argilo-calcaires, correspondant aux situations où des jaunissements ont été constatés. Les symptômes s’expriment ensuite de mi-janvier à mi-mars.

Les automnes et hivers doux favorisent fortement la colonisation de ce champignon, en lui permettant d’enchaîner de nombreux cycles de contamination et de disséminer une grande quantité de virus. L’apparition des symptômes est accentuée avec des périodes de gel, qui facilitent le transfert des virus des racines vers les feuilles. Les conditions météorologiques observées depuis l’automne correspondent à cette combinaison, avec des mois d’octobre, novembre et début décembre globalement doux, suivis de gelées fréquentes, dont deux épisodes marquants, les 29 décembre 2025 et 6 janvier 2026.

Carte 1 : Ecart de somme de degrés-jours (base 0°) entre le 15 octobre et le 31 décembre par rapport à l’historique sur 20 ans

Carte 1 : Ecart de somme de degrés-jours (base 0°) entre le 15 octobre et le 31 décembre par rapport à l’historique sur 20 ans

Carte 2 : Occurrence des jours de froid (Tmin < -3°C) du 15 décembre 2025 au 15 janvier 2026

Carte 2 : Occurrence des jours de froid (Tmin < -3°C) du 15 décembre 2025 au 15 janvier 2026

Dernier point, les semis tardifs sont moins favorables au développement du champignon. « Tardif » n’est pas le qualificatif des semis 2025. 

Seule une analyse virologique permettra de confirmer définitivement ce diagnostic.

Et les orges de printemps semées à l’automne 
Des jaunissements ont également été observés sur OPSA. Si elles peuvent aussi être concernées par la mosaïque, ces jaunissements résultent d’une interaction entre désherbage et épisodes de gel. On remarque d’ores et déjà une reprise de végétation sur ces parcelles avec les conditions climatiques favorables.

Comment identifier la mosaïque en cas de symptômes sur une parcelle ?

À l’échelle de la parcelle 

Les symptômes de la mosaïque sont visibles de loin. Une parcelle infectée est parsemée de taches plus claires qui s’étirent généralement dans le sens du travail du sol. Les plantes au sein des zones touchées sont tassées, chétives et plusieurs étages foliaires présentent des symptômes de jaunissement pouvant aller jusqu’à la nécrose.

À l’échelle de la plante 

Sur feuilles, les symptômes consistent en une marbrure plus claire du limbe : ce sont des tirets chlorotiques répartis irrégulièrement, en « mosaïques » et parallèles aux nervures. Les symptômes sont plus visibles sur les jeunes feuilles. Le système racinaire est souvent également réduit.

Ces symptômes peuvent s’estomper au cours de la montaison. Il est donc probable que les jaunissements observés disparaissent dans les prochaines semaines. Cette évolution n’est pas prédictible et dépend des conditions et stress rencontrés.

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Symptômes visuels en parcelle
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Symptômes visuels sur feuilles

Comment lutter contre la mosaïque ?

Il n’y a aucun moyen de lutte contre le vecteur Polymyxa graminis et aucun traitement n’est efficace sur les virus. Le seul moyen de lutte : la culture de variétés résistantes. La connaissance des virus présents dans la parcelle permet le choix variétal (d’où l’importance du diagnostic/analyse), mais en général, on choisira par sécurité des variétés résistantes à l’ensemble des virus.

En orge d’hiver, l’ensemble des variétés actuellement inscrites est aujourd’hui considéré comme résistant au pathotype Y1. En revanche, vis-à-vis du pathotype Y2, seules quelques variétés présentent une résistance avérée, notamment KWS Oxygene, LG Zefira, LG Zenika et Marvel. Dans ce contexte, l’apparition de symptômes liés au pathotype Y2 est actuellement possible dans de nombreuses parcelles semées avec des variétés sensibles telles que KWS Faro, LG Zorica, LG Zebra ou et encore KWS Jaguar.

Concernant l’orge de printemps, toutes les variétés sont sensibles aux pathotypes Y1 et Y2. Ainsi, les semis d’orge de printemps réalisés à l’automne demeurent particulièrement exposés et sensibles aux différents virus.

Les informations sur la résistance sont renseignées dans les catalogues de variétés.

À ce stade, il convient donc d’être patient. Aucune intervention spécifique n’est à envisager. En cas de confirmation du diagnostic, des précautions seront à envisager pour les campagnes suivantes.

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