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Poitou-Charentes

Dernier apport d'azote sur blé : pas d’économie intempestive…

La conjoncture internationale actuelle impacte fortement le prix des engrais. Face à cette situation, certains producteurs peuvent être tenter de réduire voire supprimer le dernier apport. Une telle décision peut avoir un impact fort sur les résultats de la culture en impactant le rendement et la teneur en protéines. Quels enjeux recouvrent réellement ce dernier apport ?

Un granulé d'azote dans une pince à épiler

Le dernier apport d’azote sur céréales, considéré généralement comme « l’apport qualité », est trop souvent perçu comme un levier exclusivement destiné à améliorer la teneur en protéines. Pourtant, ses conséquences vont au‑delà, car il intervient à un stade où la plante est encore sensible en termes de construction du rendement, en particulier au stade dernière feuille quand elle met en place la fertilité de ses épis et établit le nombre de grains par m². Son rôle dans l’établissement du rendement est donc essentiel. La réussite du dernier apport dépend fortement de la dynamique de croissance de la céréale et de la pluviométrie après apport où malgré le changement climatique, la période fin avril-début mai demeure l’une des plus sûres sur le secteur.

Réduire la dose de 40 kg N/ha fait perdre du rendement et de la qualité 

Sur une quarantaine d’essais récents répartis sur l’ensemble du territoire, les résultats sont sans appel : une réduction de 40 kg N/ha de la dose prévisionnelle se traduit par une perte variant de 4 à 5 q/ha et d’une baisse de 0,5 à 1 % de protéines selon la façon dont cette diminution a été réalisée.

Lorsqu’elle se traduit par une impasse d’apport à dernière feuille étalée la perte est en moyenne de 4 q/ha (figure 1) et de 1 % de protéine (figure 2).

Figure 1 : Impact d’une réduction de 40 kg N/ha sur le rendement selon la période où cette baisse a été pratiquée

Figure 1 : Impact d’une réduction de 40 kg N/ha sur le rendement selon la période où cette baisse a été pratiquée

Figure 2 : Impact d’une réduction de 40 kg N/ha sur la teneur en protéines selon la période où cette baisse a été pratiquée

Figure 2 : Impact d’une réduction de 40 kgN/ha sur la teneur en protéines selon la période où cette baisse a été pratiquée

Des conditions d’apport très favorables en fréquence entre le 15/04 et le 30/04 

Malgré le changement climatique, la période de fin avril début mai reste régulièrement très humide et offre ainsi des conditions particulièrement favorables à la réalisation du dernier apport. 

Ainsi, les épisodes pluvieux fréquents entre le 22 avril et le 12 mai permettent de valoriser un apport d’azote plus d’une année sur cinq (figure 3).

Figure 3 : Cumul de pluie 15 mm en jours : < 12 (en vert), < 18 (en jaune), + de 18 (en rouge) (2005–2025)

 Figure 3 : Cumul de pluie 15 mm en jours :  <12, < 18 ,  + de 18   (2005 – 2025)

Une opportunité pour ajuster la dose finale 

Le recours à un outil de pilotage permet d’ajuster ce dernier apport en tenant compte des conditions climatiques de la campagne en cours. Ces outils peuvent permettre dans certaines situations de réduire la dose totale apportée en réduisant au minimum les risques de pénalisation de la culture. L’ajustement de la dose grâce à un OAD permet ainsi d’optimiser la valorisation économique de l’engrais soit en permettant une économie d’engrais sans risque, soit en apportant un gain supplémentaire de rendement et de protéines qui viendra s’ajouter aux gains déjà permis par le simple fractionnement.

Des efficacités d’engrais variables 

Comme pour les apports de début de cycle, toutes les formes d’engrais n’ont pas la même efficacité. L’ammonitrate et l’urée adjuvantée avec un inhibiteur de l’uréase (formes types Nexen, Novius, Utec…) ont une meilleure efficacité que l’urée, qui elle-même est supérieure en efficacité à la solution. Sur les apports tardifs, la solution sera plus efficace apportée sous une petite pluie mais attention, un apport réalisé sur un feuillage humidifié par la rosée peut entraîner de fortes brûlures.

Projet FERTISOL NA financé par les partenaires du projet et la région Nouvelle-Aquitaine

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