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SUD-OUEST

Maïs : soigner de près les conditions d'implantation en cas de semis très précoces

Avec des coûts de production du maïs qui devraient fortement augmenter, semer précocement peut s'avérer une stratégie intéressante cette année. A condition d'adapter l'itinéraire technique.

L'intérêt des semis précoces de maïs en 2022 dans le Sud-Ouest

Pourquoi semer tôt dans le contexte actuel ?

  • Pour récolter plus sec : les frais de séchage représentent des charges importantes en maïs. Profiter des premiers créneaux de semis : on estime qu’une implantation réalisée sur la première décade d’avril permet de gagner 5 à 8 points d’humidité par rapport à un positionnement au 1er mai dans le nord de l’Aquitaine (même date de récolte).
  • Pour récolter tôt et préserver la qualité sanitaire : les conditions climatiques ne permettent pas tous les ans de repousser la date de récolte. De plus, les récoltes tardives favorisent le développement des champignons de type Fusarium et la production de mycotoxines, ce qui est très dommageable pour les débouchés.
  • Pour espérer « esquiver » la période de fort stress hydrique en été : l’objectif est d’avancer le stade floraison (stade le plus sensible au déficit hydrique). Bien entendu, la réussite de cette stratégie dépend de la météo.

S’adapter aux conditions de la campagne

La période optimale de semis varie selon les régions et les sols, mais aussi les conditions climatiques et de structures de sols lors de la décision. Si, globalement, le bénéfice moyen de l’avancée des dates de semis n’est plus à démontrer en termes de rendements, les implantations ultra précoces ne sont pas toujours gagnantes.

En années à printemps difficiles, le froid et la pluviométrie peuvent être sources de stress en début de cycle de végétation et exposer la culture, dont les stades s’enchaînent très lentement, aux bioagresseurs.

Les maïs sont plus exposés à des problèmes agronomiques (battance des sols par exemple). La flore adventice change également : on voit se développer des mauvaises herbes présentes dans les cultures de printemps (mercuriale, renouée liseron…).

Croûte de battance et impact sur le développement du maïs
Croûte de battance et impact sur le développement du maïs.

Les effets du gel ne sont pas à craindre aux stades les plus précoces si le semis est suffisamment profond : l’apex est alors bien protégé dans le sol. En revanche, pour des stades plus tardifs, après 6 feuilles, ce phénomène peut entraîner une disparition de plantes. En fonction de la zone, la date du dernier gel à 0°C varie entre mi-mars et mi-avril (tableau 1).

Tableau 1 : Date du dernier jour de gel à 0°C sur la période janvier-juin – Etude fréquentielle sur la période 1999-2019
 Date du dernier jour de gel à 0°C sur la période janvier-juin

Source : ARVALIS – Institut du végétal et Météo France.

Quelles précautions prendre ?

Les conditions d’implantation sont au moins aussi importantes que la date de semis.

Quelle que soit la date de semis, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage de la parcelle avant d’intervenir pour éviter lissage et tassements préjudiciables à l’enracinement. Il faut aussi noter qu’un sol ressuyé se réchauffera mieux.

Par ailleurs, on évitera les préparations de sol trop fines, notamment en sols sensibles à la battance. Cette règle est encore plus importante pour les semis précoces, plus exposés pendant la phase sensible entre le semis et la levée.

Tout ce qui favorisera le démarrage rapide de la culture sera à privilégier : variété à bonne vigueur au départ, engrais starter….

Enfin, en semis précoce, le recouvrement de l’inter-rang peut être lent et le re-salissement des parcelles peut exiger un renforcement du programme herbicide ou un rattrapage mécanique au moyen d’un binage.

La mercuriale fait partie des espèces qui peuvent être plus abondantes lorsque les semis sont précoces
La mercuriale fait partie des espèces qui peuvent être plus abondantes lorsque les semis sont précoces.

Ce sol est-il prêt à être travaillé ?

Pour vérifier que le sol est suffisamment portant et ressuyé pour être travaillé, des tests simples existent (figure 1). Lorsque que l’on prend une motte dans la main et qu’on exerce une pression entre les doigts :

  • si elle s’émiette sans coller, le sol est au bon état d’humidité pour être travaillé ;
  • si elle s’émiette en collant et forme des boulettes, il y a des risques de faire des mottes et de tasser le sol ;
  • enfin, si elle est modelable et colle aux mains, il est beaucoup trop tôt pour intervenir.

Attention, l’observation de l’état de surface n’est pas suffisante : il faut s’assurer que le sol est ressuyé sur une quarantaine de centimètres.

Figure 1 : Évaluer si le sol est au bon état d’humidité pour être travaillé
Evaluer si le sol est au bon état d’humidité pour être travaillé

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