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Chaleur précoce : comment réagissent les céréales à paille ?

Depuis le 21 mai, un dôme de chaleur s’est installé sur la France et des records de températures pour un mois de mai sont battus. Quel impact sur les céréales à paille en cours de floraison ou de remplissage ?

soleil

La période du 10 au 20 mai a été anormalement fraîche cette année, au cours d’un printemps globalement chaud depuis début avril. Le jeudi 21 mai a marqué une hausse spectaculaire des températures, avec un bond de près de 10°C en une semaine. Depuis les températures dépassent les 30°C partout sur le territoire.

Avant cet épisode de chaleur, la campagne céréalière 2026 se distinguait déjà par une forte précocité. Le coup de chaud actuel, s’il est précoce d’un point de vue calendaire, intervient sur des cultures déjà avancées (remplissage des grains entamé dans le Sud, et floraison en cours au Nord). Cependant, la situation reste inédite par la combinaison de la précocité, de l’intensité et de la durée de la vague de chaleur.

Quelles conséquences sur les cultures ?

Au nord de la Loire, la chaleur va intervenir au moment de la floraison et de la mise en place précoce des grains. La littérature scientifique évoque des avortements en cas de températures supérieures à 35°C lors de la fécondation, mais les températures annoncées restent en-deçà de ce niveau. La chaleur va donc en premier lieu accélérer le développement des plantes et la mise en place des grains dans les fleurs. Elle va également engendrer une demande évaporative très forte, qui va entrer en interaction avec le rechargement en eau des sols et la qualité des enracinements.

Lire aussi : « Comment s’élabore le rendement des céréales à paille »

Au sud de la Loire, la floraison est déjà terminée depuis 2 à 4 semaines selon les secteurs, et la formation des grains est initiée depuis longtemps (on est proche du stade grain laiteux). Dans ces situations, il n’y a pas de risque d’avortement (malgré les fortes températures), mais plutôt un risque d’échaudage sur les secteurs et parcelles les moins pourvus en eau, qui aboutirait à un remplissage « tronqué » des grains. L’accès à l’irrigation peut s’avérer utile pour limiter le stress des cultures dans ces situations.

Il faut noter qu’il ne s’agit pas uniquement de fortes températures maximales : cette vague de chaleur implique aussi une hausse progressive des températures nocturnes. Celles-ci sont considérées par certains auteurs comme aussi préjudiciables que les fortes températures diurnes parce qu’elles entraînent une hausse de la respiration des tissus.

La réponse à des fortes températures est par ailleurs conditionnée par un processus d’adaptation : une exposition progressive permet aux plantes d’adapter leur métabolisme au niveau moléculaire, même si ce processus est mal caractérisé à l’échelle du couvert au champ. Mais les conditions d’élévation brutale des températures depuis la semaine dernière ne semblent pas adaptées à la mise en place d’une acquisition efficace d’une thermotolérance des céréales.

1 commentaire

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  • Au sud de la Loire c'est bien mais au nord de la Loire que ce passe-t-il ? Dans les HdeF les blé étaient juste épiés avant le début de la canicule, pas fleuris, ils ont fleuri rapidement fin de semaine dernière et aujourd'hui les grains ont rempli la moitié de l'espace des glumes. Les fortes températures s'arrêtent samedi, j'espère que la taille des grains ne sera pas impactée...? Le nombre d'épis me semble bien au delà de l'optimum. Pour info, j'ai compté entre 800 et 1300 tiges/m² de plus de 3 F au stade épi 1cm (méthode stade repère d'Arvalis il y a 25 ans :-)). Si cela va au bout, n'y a-t-il pas risque de verse si le programme régulateur aura été trop faible et/ou dilution de la protéine ? Je l'ai dit çà :-))

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