Céréales : pas d’intervention à prévoir en cas de taches physiologiques
Depuis quelques jours, les feuilles des céréales peuvent présenter des taches impressionnantes. Notamment des variétés comme Chevignon, plus réactives que d’autres à la météo. Ces symptômes sont en effet la conséquence d’un stress climatique : rayonnement exceptionnel, manque de précipitations et fortes amplitudes thermiques. S’il n’y a rien à faire, attention toutefois à la confusion possible avec des symptômes de septoriose.
Les taches que l’on appelle « physiologiques » sont dues à une réaction interne des céréales face à différents stress abiotiques. Ceux-ci sont bien souvent liés à des amplitudes thermiques importantes (Tmax-Tmin > 15°C) et des rayonnements excessifs, auxquels s’ajoutent parfois des facteurs aggravants tels que le manque d’eau, une faim d’azote ou l’application d’herbicides, de régulateur ou le gel. En aucune façon ces taches sont provoquées par un pathogène (champignon, bactéries, virus…).
Les taches prennent des décolorations claires, voire nécrotiques, ainsi que des formes très diverses pouvant faire penser à de la septoriose ou de l’helminthosporiose.
Distinguer septoriose et taches physiologiques
Ces taches peuvent s’apparenter à celles induites par la septoriose. Pour faire la différence, il existe un indicateur facile et sûr afin de différencier la maladie d’un stress physiologique à un instant donné : la présence ou l’absence de pycnides noires (points noirs) au centre des taches. Ces pycnides noires sont les organes de fructifications de la septoriose, maladie lui permettant de produire des spores contaminant d’autres feuilles. Ils apparaissent quasiment au même moment que la tache l’enveloppant.
L’observation au champ de la répartition des symptômes peut enfin compléter le diagnostic. La septoriose progresse du bas vers le haut à la faveur des pluies. Tandis que les taches physiologiques restent cantonnées à un étage foliaire - bien souvent les étages supérieurs (F1 ou F2 du moment), davantage exposés aux stress abiotiques (rayonnement, amplitude thermique…).
Connaître l’origine des taches est capital pour éviter des traitements inutilement. En effet, les taches physiologiques sont une réaction ponctuelle et réversible de la plante. Aucun traitement n’est justifié : elles n’engendrent pas de pertes de rendement.
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