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Lorraine

Céréales : pas d’intervention à prévoir en cas de taches physiologiques

Depuis quelques jours, les feuilles des céréales peuvent présenter des taches impressionnantes. Notamment des variétés comme Chevignon, plus réactives que d’autres à la météo. Ces symptômes sont en effet la conséquence d’un stress climatique : rayonnement exceptionnel, manque de précipitations et fortes amplitudes thermiques. S’il n’y a rien à faire, attention toutefois à la confusion possible avec des symptômes de septoriose.

Taches physiologiques sur blé au printemps 2026 en Lorraine

Les taches que l’on appelle « physiologiques » sont dues à une réaction interne des céréales face à différents stress abiotiques. Ceux-ci sont bien souvent liés à des amplitudes thermiques importantes (Tmax-Tmin > 15°C) et des rayonnements excessifs, auxquels s’ajoutent parfois des facteurs aggravants tels que le manque d’eau, une faim d’azote ou l’application d’herbicides, de régulateur ou le gel. En aucune façon ces taches sont provoquées par un pathogène (champignon, bactéries, virus…). 

Figure 1 : Données climatiques journalières sur la station de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55) du 15 avril au 1er mai 2026 – Variété de blé tendre Chevignon semée le 5 octobre 2025

Figure 2 : Rayonnement 2025-2026 et normales par décade sur la station de Saint-Hilaire-en-Woëvre (55) du 1er septembre au 21 juillet

Les taches prennent des décolorations claires, voire nécrotiques, ainsi que des formes très diverses pouvant faire penser à de la septoriose ou de l’helminthosporiose. 

Exemples non exhaustifs de taches physiologiques – parcelles semées avec la variété Thermidor – Pondor (55)
Exemples non exhaustifs de taches physiologiques – parcelles semées avec la variété Thermidor – Pondor (55)

Distinguer septoriose et taches physiologiques

Ces taches peuvent s’apparenter à celles induites par la septoriose. Pour faire la différence, il existe un indicateur facile et sûr afin de différencier la maladie d’un stress physiologique à un instant donné : la présence ou l’absence de pycnides noires (points noirs) au centre des taches. Ces pycnides noires sont les organes de fructifications de la septoriose, maladie lui permettant de produire des spores contaminant d’autres feuilles. Ils apparaissent quasiment au même moment que la tache l’enveloppant. 

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A gauche : tache de septoriose avec présence de pycnides noires - A droite : taches physiologiques sans présence de points noirs en leur centre

L’observation au champ de la répartition des symptômes peut enfin compléter le diagnostic. La septoriose progresse du bas vers le haut à la faveur des pluies. Tandis que les taches physiologiques restent cantonnées à un étage foliaire - bien souvent les étages supérieurs (F1 ou F2 du moment), davantage exposés aux stress abiotiques (rayonnement, amplitude thermique…).

Connaître l’origine des taches est capital pour éviter des traitements inutilement. En effet, les taches physiologiques sont une réaction ponctuelle et réversible de la plante. Aucun traitement n’est justifié : elles n’engendrent pas de pertes de rendement.

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