Céréales à paille : quelles sont les variétés les plus cultivées en mélange ?
Sur la base des trois dernières enquêtes menées par ARVALIS sur la répartition des variétés de céréales à paille cultivées en France, nous vous proposons un focus sur la composition des mélanges.
Blé tendre : un tiers des mélanges comptent trois variétés
En 2025, la part des mélanges de variétés de blé tendre au sein d’une même parcelle, autrement appelés mélanges intraspécifiques, se stabilise à 20 % de la sole nationale de blé tendre (figure 1). C’est dans l’Ouest que cette pratique est la plus courante. Le recours aux semis interspécifiques, c’est-à-dire d’un mélange de plusieurs espèces dans une même parcelle, reste très minoritaire.
Figure 1 : Répartition des surfaces de blé tendre semées en variétés pures et en mélanges (en % des surfaces nationales cultivées en blé tendre)
Sur les trois dernières campagnes (2023 à 2025), les mélanges composés de 3 variétés de blé tendre sont majoritaires et représentent en moyenne un tiers des surfaces cultivées en mélange (figure 2). Les mélanges de 2 ou 4 variétés sont également assez répandus. Certains agriculteurs associent même 5 variétés ou plus, au sein d’une même parcelle.
Figure 2 : Nombre de variétés de blé tendre composants les mélanges (en % des surfaces nationales de blé tendre cultivées en mélange)
Quand la composition du mélange est précisée, elle associe 100 % de variétés panifiables (BP + BPS) dans 85,6 % des cas, en moyenne sur les 3 dernières récoltes. Les assemblages d’une base de variété(s) panifiable(s) à d’autres typologies de blé tendre (ex. : panifiable + BAF) couvrent, quant à eux, 13,7 % des surfaces en moyenne triennale.
En 2025, 9 des 10 variétés les plus cultivées en mélange intraspécifique à l’échelle nationale sont communes au top 10 de celles cultivées en pure (tableau 1). Ainsi, le raisonnement pour le choix des variétés entrants dans la composition des mélanges semble être similaire aux règles de sélection des variétés en pure.
La présence, dans certains mélanges, de variétés peu répandues laisse penser que d’autres raisonnements existent.
Tableau 1 : Fréquence d'apparition des variétés dans les mélanges de blé tendre dont la composition est connue
Lire aussi : « Blé tendre : les mélanges variétaux, un levier pour stabiliser les rendements ? »
2 à 3 variétés d’orge dans la majorité des mélanges destinés à l’alimentation animale
Du côté des orges, elles sont très majoritairement cultivées en variété pure. Cette pratique représente 93 % des surfaces en moyenne triennale (figure 3). En 2025, 5,6 % des surfaces d’orges ont été cultivées en mélange.
Figure 3 : Répartition des surfaces semées en variétés pures et en mélanges (en % des surfaces nationales cultivées en orges d’hiver et de printemps)
À l’échelle nationale, les mélanges de deux variétés d’orge sont très majoritaires (figure 4) et représentent 58 % des surfaces d'orges en mélange en moyenne triennale. Ceux composés de trois variétés couvrent 23 % des surfaces en moyenne de 2023 à 2025. Le recours à des mélanges de quatre variétés ou plus est minoritaire.
Figure 4 : nombre de variétés d’orge composant un mélange intraspécifique (en % des surfaces nationales d’orges cultivées en mélanges intraspécifiques destinés à l’alimentation animale)
Les mélanges intraspécifiques d’orge, destinés à l’alimentation animale, sont souvent composés des variétés les plus cultivées en pure. En 2025, à l’échelle nationale, LG Zebra et LG Zorica sont présentes respectivement dans 45 % et 36 % des mélanges intraspécifiques dont la composition est connue (tableau 2). La troisième variété la plus fréquemment associée en mélange est KWS Jaguar.
Tableau 2 : Fréquence d'apparition des variétés dans les mélanges intraspécifiques d’orge destinés à l’alimentation animale dont la composition est connue
Lire aussi : « Variétés de céréales à paille les plus cultivées : les résultats de l'enquête 2025 sont disponibles »
Triticale : un recours aux mélanges ancré dans les pratiques
En triticale, le recours aux mélanges intra et interspécifiques représente plus d’un quart de la sole française. En 2025, 18,5 % des surfaces sont cultivées en mélanges intraspécifiques (figure 5). Quant aux mélanges de plusieurs espèces dans une même parcelle (mélanges interspécifiques), ils sont assez courants en triticale et représentent de 7,8 % des surfaces en 2025 à 10,2 % en 2023. Dans la majorité des situations, le triticale est associé au pois. Cette composition représente 54 % des surfaces de triticale cultivées en mélange interspécifique, en moyenne sur les 3 dernières campagnes. Le second mélange le plus courant allie le triticale à la féverole. Dans une moindre mesure, le triticale est associé à de la vesce, du trèfle, de l’avoine ou encore d’autres espèces.
Figure 5 : Répartition des surfaces de triticale semées en variétés pures et en mélanges (en % des surfaces nationales cultivées en triticale)
À l’échelle nationale, les mélanges composés de 2 variétés de triticale sont majoritaires et représentent entre 45 % et 61 % des surfaces en mélange intraspécifique selon l’année de récolte (figure 6). Les mélanges composés de 3 ou 4 variétés concernent respectivement 22 % et 10 % des surfaces en triticale en moyennes sur 3 ans.
Figure 6 : Nombre de variétés de triticale composants les mélanges intraspécifiques (en % des surfaces nationales de triticale cultivées en mélange intraspécifique)
Les variétés de triticale fréquemment cultivées en mélanges intraspécifiques le sont également en pures (tableau 3). Ainsi, le raisonnement pour le choix des variétés entrant dans la composition des mélanges semble être similaire aux règles de sélection des variétés en pure. C’est RGT Omeac qui entre dans la composition de la majorité des mélanges intraspécifiques, suivie de Bicross et Randam.
Tableau 3 : Fréquence d'apparition des variétés dans les mélanges intraspécifiques de triticale dont la composition est connue
Pour en savoir plus, consultez les fiches variétés.
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