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Champagne-Ardenne

Pilotage de l’azote sur blé : ne pas solder trop tôt

C'est le bon moment pour utiliser un outil de pilotage et ainsi estimer les besoins en azote des blés pour l'indispensable dernier apport. Eviter un positionnement trop précoce afin d'optimiser rendements et teneurs en protéines.

Dernier apport d’azote sur blé en 2023 en Champagne-Ardenne

Les campagnes se suivent et ne se ressemblent pas : le printemps 2023 bénéficie de pluies régulières, à l’inverse de la sécheresse connue en 2022. Les blés sont actuellement autour de dernière feuille.

Entre les biomasses élevées, des apports d’azote à tallage avec une efficacité limitée, et de bonnes conditions de valorisation de ceux réalisés à épi 1 cm, il est nécessaire de faire un diagnostic des blés avec un outil de pilotage.

Des apports à tallage en mauvaises conditions

Les apports à tallage ont été réalisés dans des conditions sèches, et peu poussantes (fraîcheur fin février). Leur efficacité a été probablement limitée. La dose apportée ne fait pas tout, elle peut être soumise à des pertes : organisation de l’azote par les bactéries du sol lorsque celui-ci n’est pas absorbé rapidement par les plantes, pertes par volatilisation,…

De très bonnes valorisations des apports azotés à épi 1 cm !

Les pluies régulières, enregistrées depuis début mars, ont permis une bonne valorisation des apports autour du stade épi 1 cm et 1-2 nœuds, avec des cumuls allant de 120 à près de 250 mm du 1er mars au 30 avril 2023, et en moyenne à 170 mm (+70 mm / moyenne). Selon les stations météo, la période s’inscrit entre + 40 et + 100 % de précipitations par rapport aux médianes.

Carte 1 : Pluies du 1er mars au 30 avril 2023
Carte 1 : Pluies du 1er mars au 30 avril 2023

Des biomasses records à accompagner jusqu’à la fin

Comme déjà évoqué, et vous le voyez certainement dans la plaine, les biomasses des blés 2023 sont records, tout comme le nombre de tiges au m2. Les parcelles sont donc majoritairement belles et très développées, mais il va falloir accompagner ce potentiel jusqu’au bout.

Or, face au risque climatique (peur du sec en fin de cycle) et/ou économique, certains pensent simplifier le fractionnement (en deux apports), ou anticiper/supprimer l’apport à dernière feuille étalée (DFE) : c’est une ERREUR.

L’analyse des essais dans la région a permis de conclure que, dans tous les cas, à dose totale identique, une stratégie en deux apports contre trois reste toujours défavorable en rendement et en protéines (sauf dans certaines situations, où l’on peut supprimer l’apport tallage ; ou lors d’une stratégie avec deux apports décalés, où on perd en rendement (parfois jusque 10 q/ha) mais on peut parfois gagner en protéines, si le second apport se retrouve le plus décalé possible vers le stade dernière feuille). Fractionner en trois apports peut faire gagner +3,1 q/ha en moyenne, et jusque 10 q/ha dans certaines situations.

Sur la protéine, les écarts augmentent et deviennent de plus en plus significatifs avec le report d’unités le plus tard possible.

A ce jour, les blés sont au stade dernière feuille pointante à étalée. Compte tenu des pluies fréquentes cette année, il est préférable d’attendre l’étalement complet de la dernière feuille pour effectuer les derniers apports. Rappelons que des apports azotés peuvent être réalisés facilement jusqu’au stade gonflement, voire tout début d’épiaison, ce qui nous emmène jusqu’à mi-mai. Sur les parcelles à haut potentiel, c’est sans doute la stratégie la plus sécuritaire pour s’assurer des teneurs en protéines dans les cahiers des charges.

Pour finir de vous rassurer sur la valorisation des apports de fin de cycle, des essais récents (2020 – apports dans le sec) ont montré :

  • que les apports avec des formes d’azote solides peuvent afficher des coefficients apparents d'utilisation très corrects (> 70 %),
  • qu’une pluie même tardive permet de valoriser ces apports, d’autant que les blés sont aujourd’hui correctement alimentés en eau.

Adapter la dose avec les outils de pilotage

Les outils de pilotage permettent de diagnostiquer l’état de nutrition azotée des plantes en cours de montaison. Ils indiquent alors si la culture est correctement alimentée en azote, en carence ou encore, en excès. Quel que soit l’outil utilisé, le calcul de la dose totale prévisionnelle doit se faire au préalable à l’aide d’une méthode reconnue.

Une partie de cette dose doit être mise en réserve pour un apport en fin de montaison. Le diagnostic de nutrition parcellaire réalisé au moyen d’un outil de pilotage aboutit à un conseil de dose, généralement compris entre 0 et 80 kg N/ha. D’un point de vue réglementaire, les outils de pilotage permettent de justifier, si nécessaire, un apport supérieur à la dose prévisionnelle. Plusieurs existent : N-Tester®Farmstar

Economiquement, dans les hypothèses de prix actuelles (blé à 240 €) et même si vous avez acheté votre azote plutôt cher, cet apport gonflé à DFE est rentable (et ce sans parler de protéines) !

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