Maïs : anticiper pour choisir les herbicides les plus efficaces contre le ray-grass
Venir à bout du ray-grass est un travail de longue haleine. En parcelle infestée, le désherbage s’envisage globalement, sur l’ensemble de la succession de cultures. A l’heure des réflexions d’approvisionnement pour les prochains semis de printemps, focus sur la gestion du ray-grass dans le maïs.
En présence de ray-grass, la prélevée est indispensable
Dans la culture de maïs, en présence de ray-grass, la prélevée est indispensable avec une base de DMTA-P. En effet, on ne peut pas compter uniquement sur un passage de postlevée avec des herbicides à action foliaire, leur efficacité étant devenue très aléatoire sur cette flore difficile. Par ailleurs, nos essais ont montré une meilleure régularité d’efficacité en prélevée qu’en postlevée précoce sur ray-grass.
Un plan de désherbage à l’échelle de la rotation
La maîtrise du ray-grass ne peut reposer uniquement sur le désherbage chimique. Le labour occasionnel – labourer suite à un échec de désherbage et ne plus labourer dans les trois ans qui suivent – combiné à l’alternance des périodes de semis et des modes d’action des herbicides appliqués dans les différentes cultures est essentielle pour limiter la progression de l’adventice.
Les solutions présentées dans le tableau 1 présentent les meilleures efficacités dans nos essais. Comme pour tous les désherbants racinaires, l’efficacité reste toutefois très dépendante de l’humidité du sol. En conditions sèches, comme cela a souvent été le cas en 2025, le résultat peut être très décevant. Si les conditions sont vraiment séchantes au semis, mieux vaut tenter alors un report du désherbage chimique en postlevée précoce en réalisant si possible un passage de herse étrille en prélevée pour assurer un premier nettoyage de la parcelle.
Tableau 1 : Solutions possibles en prélevée pour désherber le ray-grass
Les possibilités de rattrapage foliaire sont limitées sur ray-grass
Les solutions de rattrapage en postlevée (tableau 2) ne reposent que sur un seul mode d’action (HRAC 2, molécules inhibitrices de l’ALS) vis-à-vis duquel les populations de ray-grass développent rapidement des résistances. C’est pourquoi le premier passage de prélevée est indispensable. Le nicosulfuron est actuellement le plus concerné par le développement de résistances mais des dérives sont à craindre également sur les autres solutions du fait de leur mode d’action similaire. Il est important de positionner le rattrapage dès le début du re-salissement afin d’intervenir sur des graminées très jeunes.
Tableau 2 : Exemples de solutions de postlevée, à appliquer en relais de la prélevée sur de très jeunes ray-grass – produit, dose/ha
Ne pas systématiser le DMTA-P pour préserver son usage
Si la molécule est essentielle dans les parcelles très infestées de graminées (panic, digitaire, sétaire, ray-grass…), son usage n’est pas indispensable sur les flores plus simples – faible pression de graminées, dicotylédones dominantes. Dans ces situations, de nombreuses alternatives sont envisageables en désherbage chimique mais également mécanique, avec de bonnes efficacités.
Il est en effet important de ne pas systématiser l’emploi du DMTA-P afin de limiter les risques de contamination des eaux et de préserver son usage.
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