Céréales : des semis qui avancent, un désherbage à soigner et des pucerons à surveiller
Depuis la semaine dernière, les semis de céréales vont bon train. Pour ce début de campagne, deux points de vigilance : la mise en œuvre de stratégies de désherbage efficaces et la surveillance des pucerons et cicadelles.
Désherbage : intervenir sur sol humide pour gagner en efficacité !
Afin d’optimiser l’efficacité des produits racinaires à l’automne, leur positionnement et les conditions d’application sont primordiaux.
Les produits racinaires doivent s’appliquer sur un sol humide.
Dans certains secteurs, les sols restent secs : il est donc préconisé de réaliser le désherbage de prélevée juste derrière le semis pour profiter de l’humidité résiduelle du sol.
Dans tous les cas, privilégier les applications tôt le matin en faveur de l’hygrométrie élevée et la présence de rosée ! Il n’est pas utile d’augmenter le volume d’eau ou d’ajouter des adjuvants pour compenser ce manque d’humidité. Pour rappel, une rosée correspond à 0,1 mm = 1000 l/ha.
Actuellement, les céréales lèvent rapidement (en 7 jours) et les stades évoluent vite. Pour des raisons de sélectivité, il est conseillé d’éviter d’intervenir au stade « pointant » de la céréale. Si c’est le cas, attendre le stade « 1 feuille étalée » pour réaliser le désherbage.
De même, il est important d’éviter les grains en surface (2 cm de profondeur) et de réaliser les applications juste avant de forts cumuls de pluie annoncés (> 15-20 mm).
Pour les applications en postlevée, il est préconisonisé d’intervenir dès « 1-2 feuilles » ; au-delà de ce stade, les efficacités diminuent.
Selon les niveaux d’infestations, le désherbage se réalisera en une ou deux applications d’automne. Un troisième passage dans les parcelles les plus sales pourra être envisagé selon les conditions de cet automne-hiver.
Bon à savoir
Le décalage de la date de semis reste un levier agronomique majeur dans la diminution de la population (il est encore possible de décaler dans les situations sévères) :
- la levée des vulpins et/ou ray-grass est divisée par deux en décalant de 15 jours la date de semis ;
- les pertes potentielles de rendement à décaler du 15 au 30 octobre sont de 3 % et du 15 octobre au 15 novembre sont de 9 % (en limon), contre une nuisibilité directe de 20-30 q/ha pour 100 graminées/m² si elles ne sont pas maîtrisées.
Pucerons et cicadelles : une météo favorable aux vols
Pucerons
Les conditions météorologiques actuelles sont particulièrement favorables à l’activité des pucerons, avec des températures douces, peu de vent et un automne clément. Ces conditions permettent le vol (dès que les températures > 10-12 degrés) et la reproduction des pucerons, notamment Rhopalosiphum padi, principal vecteur de la jaunisse nanissante de l’orge (JNO). En dessous de 3°C, les pucerons ne sont plus actifs mais peuvent survivre.
La contamination du virus est la plus préjudiciable au stade jeune : de la levée à 3 feuilles des céréales.
Les repousses de céréales dans la parcelle ou dans l’environnement proche, la présence de friches, haies, bois à proximité augmentent le risque.
Actuellement, des pucerons sont déjà observés sur les semis de fin septembre-début octobre !
Que faire en présence de pucerons ?
Le seuil d’intervention est fixé à 10 % de plantes portant au moins un puceron, ou présence de pucerons plus de 10 jours dans la parcelle quel que soit le niveau d’infestations.
Il est conseillé d’intervenir à partir d’1 feuille étalée si l’un des seuils est atteint. Les insecticides homologués sont des produits de contact et lessivables avec une persistance de 48 à 72 h et ne protègent que les organes sortis.
Et il est donc parfois nécessaire de dissocier l’insecticide du désherbage dans les situations où les pucerons ne sont pas présents et/ou la céréale n’est pas à 1 feuille.
De plus, les conditions d’applications sont plus exigeantes pour les produits de contacts (insecticides), afin de garantir un nombre d’impacts suffisant. Le volume optimal pour le désherbage racinaire est de 80 à 100 l/ha alors que celui pour l’application d’insecticides est de 130 à 150 l/ha (d’autant plus si vous utilisez des buses à injection d’air).
Certaines variétés, essentiellement en orge d’hiver, présentent une tolérance à la JNO. Cette tolérance ne confère pas une résistance totale, mais elle permet souvent de faire l’impasse (faible infestation) voire de ne faire qu’une intervention au lieu de 2 en cas de fortes attaques.
Tableau 1 : Variétés d’orge d’hiver tolérantes et sensibles à la JNO
Nuisibilité
Les dégâts dus à la JNO peuvent être très importants : jusqu’à retournement de la culture en orge et de quelques quintaux à 25-30 q/ha pour le blé.
Cicadelles
Les cicadelles sont des insectes vecteurs de la maladie des pieds chétifs. Comme les pucerons, la présence de cicadelles est favorisée avec des températures supérieures à 12°C, l’absence de pluie et un temps ensoleillé, paramètres retrouvés pour les semis ayant été réalisés jusqu’à maintenant.
Les situations à risques sont également semblables à celles du puceron : semis précoces, présence de repousses, automne doux et sec, parcelles bien exposées…
Que faire en présence de cicadelles ?
Le seuil d’intervention est fixé à partir de 30 captures hebdomadaires sur un piège englué jaune. En cas d’attaque précoce, le traitement peut être nécessaire dès le stade 1 feuille de la céréale.
Nuisibilité
La nuisibilité de cette maladie est très variable selon le taux de plantes infectées, la date de semis et la pression virulifère du vol automnal.
En résumé, la pression insectes reste à surveiller de près : il faut aller voir dans les parcelles, observer attentivement, et intervenir dès que les seuils sont atteints pour éviter toute perte de potentiel !
Bon à savoir
Pour maximiser l’efficacité des pyréthrinoïdes, il est conseillé d’utiliser un volume d’eau suffisant dépendant du type de buse utilisé :
- minimum 100 l/ha avec des buses à fente classique ou basse pression ;
- 150 l/ha si les pyréthrinoïdes venaient à être mélangées avec des solutions herbicides, nécessitant l’utilisation de buses à injection d’air (même s’il vaut mieux dissocier désherbage et insecticide).
Retrouvez toutes nos préconisations dans le guide Choisir et Décider - interventions d’automne 2026 :
- Blé tendre
- Orge d'hiver
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