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Poitou-Charentes

Céréales : de faibles besoins d’azote, actuellement couverts par les fournitures du sol

Après une période de froid intense début janvier, les températures se sont largement radoucies depuis le 8 janvier et l’humidité du sol est restée élevée. Ces conditions, favorables à la minéralisation, devraient se maintenir dans les jours à venir. Ainsi, elles permettront de couvrir les faibles besoins en azote actuels des cultures, qui ne nécessitent donc pas d’apport dans l’immédiat. 

Désherbage des céréales en postlevée en 2026 en Poitou-Charentes

Quelles interventions pour assurer rendement et qualité ?

1 - Aucun apport d’azote n’est nécessaire au moins dans les prochaines semaines à venir. Il n’y a aucun impératif technique à apporter de l’azote le 1er février, date possible règlementairement. Aussi, l’épisode pluvieux annoncé à partir de cette semaine permettra aux cultures de valoriser l’azote du sol, qui couvrira amplement leurs besoins au moins jusqu’à mi-février, voire fin février pour les sols de limons.

2 - Avant toute intervention, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage des sols pour ne pas dégrader leur structure. Dans un sol saturé d’eau, les plantes plus ou moins asphyxiées ne se développent pas. Leurs besoins en éléments minéraux sont très fortement réduits. 

3 - Par ailleurs, certaines structures de sol sont déjà fragilisées actuellement (par les conditions des campagnes précédentes) : aucune intervention en passage « limite » pour des apports d’azote ! De plus, les conditions météo annoncent une vingtaine de mm dans les sept prochains jours (carte 1).

Carte 1 : Probabilité d’atteindre une somme de précipitations de 20 mm ou plus dans entre le 20 janvier et le 27 janvier 2026

Carte 1 : Probabilité d’atteindre une somme de précipitations de 20 mm ou plus dans entre le 20 janvier et le 27 janvier 2026

4 - Si les parcelles sont sales, les désherbages de postlevée ou de rattrapage devront être réalisés dès que les conditions climatiques favorables seront réunies, et cela, avant tout apport d’engrais. Celui-ci favoriserait le développement des adventices et rendrait plus difficile leur contrôle. La postlevée avec une solution racinaire est encore envisageable pour certaines situations : parcelles avant fin tallage (bbch 29), en situation de résistance aux antigraminées foliaires (autrement dit, en l'absence de possibilité de solutions efficaces en sortie d’hiver) (tableau 1).

Tableau 1 : Herbicides racinaires possibles au-delà de 3 feuilles de la culture

Tableau 1 : Herbicides racinaires possibles au-delà de 3 feuilles de la culture

5 - La forme d’engrais (ammonitrate, urée, solution adjuvantée ou pas) n’entraîne pas de retard dans sa valorisation et ne nécessite pas d’anticipation de la date d’apport. La recommandation précédente s’applique donc quelle que soit la forme prévue.

Pourquoi ? 

On constate trois grandes situations cette année :

  1. Les semis du 10-20 octobre : les températures très douces de novembre et décembre ont assuré de très bonnes levées et une installation rapide des cultures pour l’ensemble de ces semis, qui représentent une minorité de situations en Poitou-Charentes. Les désherbages précoces ont pu être réalisés le plus souvent dans de bonnes conditions, mais la précocité de ces semis et la pression parfois importante n’ont pas toujours permis de retrouver des situations satisfaisantes aujourd’hui. Globalement, ces parcelles sont aujourd’hui dans un état satisfaisant : adventices contrôlées (mais il reste toujours des situations de fortes pressions de ray-grass non contrôlés en cette sortie d’hiver), et surtout peuplement et croissance très satisfaisants.
  2. Les semis du 5 au 20 novembre : les céréales se développent progressivement. Ces semis ont souvent bénéficié de bonnes conditions de désherbage et se retrouvent dans l’ensemble dans des situations satisfaisantes. Même si des désherbages de postlevée restent encore à réaliser (tableau 1).
  3. Les semis de fin décembre (essentiellement blé dur en marais et orges de printemps) : ils sont en cours de levée pour lesquels les questions de fertilisation azotée ne se poseront pas avant au moins un mois. 

Dans toutes les situations, les lames d’eau drainantes ont lixivié une partie de l’azote et du soufre contenue dans le sol, sans pour autant atteindre le niveau des campagnes 2023/2024 et 2024/2025. Cette lixiviation de l’azote simulée dans le modèle CHN ARVALIS montre cette année une compensation par la minéralisation, dans les situations simulées (tableau 2).

Tableau 2 : Variété Thermidor semée au 10/11/25 avec précédent tournesol - calcul au 20/01

Tableau 2 : Variété Thermidor semée au 10/11/25 avec précédent tournesol - calcul au 20/01

Message rédigé par ARVALIS avec l’appui des techniciens des Chambres d’Agriculture de la Charentes-Maritimes, des Deux-Sèvres et de la Charente, Groupe ISIDORE, Groupe PIVETEAU, Groupe COC, Océalia, Terrena, coopérative de Mansle, coopérative de Saint-Pierre de Juilliers, OXAGRI, coopérative de la Tricherie, coopérative de Matha et Soufflet Agriculture.

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