Maïs fourrage : repérez la date de floraison pour prévoir la date d'ensilage
La floraison femelle est un stade clé, indicateur de la précocité de la culture. C’est une aide précieuse pour anticiper la date de récolte du maïs fourrage. Cette année, les semis ont démarré tôt et les températures sont élevées : la floraison sera précoce.
Dans certaines régions, des re-semis ont pu avoir lieu fin mai aboutissant à une variabilité de stades au sein des territoires.
Connaître la date précise de la floraison améliore la prévision de la date de récolte
La date de floraison n’est pas toujours aisée à déterminer. Il est recommandé d’aller visiter les parcelles dès le début de la floraison mâle, précédant de quelques jours la floraison femelle (en théorie), qui se caractérise par la sortie des premières panicules au sommet des plantes.
On estime qu’une plante est fleurie lorsqu’elle présente au moins une soie, et la parcelle est fleurie quand au moins 50% des plantes présentent des soies. Enfin, la date de floraison permet d’avoir une première estimation de la période optimale de récolte. Selon la précocité de la variété, il faudra ensuite cumuler entre 560°C et 750°C (en base 6-30°C) pour arriver autour du stade 32-33% de matière sèche (MS), soit 45 à 70 jours selon les régions et le climat.
Une vidéo sur la chaîne youtube ArvalisTV revient sur l’observation des soies des maïs fourrage
Une campagne 2026 déjà marquée par des attaques de géomyza à l’ouest et deux épisodes caniculaires
Les semis ont pu commencer dès le début du mois d’avril et ont été assez groupés dans de nombreuses régions de production du maïs fourrage. Comme à l’accoutumé, en Bretagne, les semis ont été réalisés plutôt à partir de la deuxième quinzaine d’avril.
À la faveur d’une période fraîche début mai consécutivement à un mois d’avril chaud et sec, des symptômes plus ou moins sévères en lien avec des attaques de géomyza sont signalés en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie. Pour certaines parcelles dont le peuplement a été fortement impacté, des re-semis ont pu être réalisés durant la deuxième quinzaine de mai. C’est alors qu’une première période de températures caniculaires sévit sur l’ensemble du territoire. Ces températures élevées entrainent une croissance rapide des maïs lorsque le stress hydrique n’est pas déjà présent.
À la mi-juin, les bilans hydriques sont très contrastés selon les régions. Ils sont proches des normales en Bretagne, en Normandie, au nord des Pays de la Loire, dans les Hauts-de-France et en Champagne alors qu’ils sont déjà déficitaires au sud des Pays de la Loire, au nord de la Nouvelle-Aquitaine, en Centre-Val de Loire, en Auvergne, en Bourgogne et en Lorraine. S’en suit un deuxième épisode caniculaire, avec lequel s’achèvera le mois de juin. Les températures qui dépassent les 36°C pendant plusieurs jours consécutifs accentuent fortement le besoin en eau des plantes. Plus que les températures élevées, c’est l’absence de précipitations dans de nombreuses régions qui alerte en creusant le stress hydrique. Lorsqu’il est présent, il peut déjà impacter le rendement (biomasse et fertilité des épis).
Concernant le stress hydrique, le stade floraison est particulièrement sensible. Les symptômes les plus caractéristiques sont le retard de floraison femelle et/ou l’émission partielle des soies. Le délai entre floraison mâle et femelle peut être augmenté. Enfin, cela peut conduire à des défauts de fécondations des épis voire dans les cas les plus extrêmes une absence d’épis.
Pour faire le diagnostic de l'état des maïs et avancer les dates d'ensilage afin de valoriser au mieux la valeur alimentaire de la plante, il est indispensable de réaliser le diagnostic à SLAG (stade limite d’avortement des grains) soit 250°C (base 6-30°C) soit 10 à 15 jours après la floraison femelle.
La floraison femelle est donc une étape importante à laquelle on peut faire un diagnostic de l'état des différentes parcelles de maïs et dans les cas les plus graves décider d'anticiper fortement la récolte en fonction de la surface foliaire verte restante.
Rappel
Le stade optimal de récolte des maïs fourrage se situe autour de 32-33% de matière sèche plante entière (MS). Récolter à moins de 30% de MS, c’est limiter le rendement et risquer des pertes de sucres au silo par écoulement de jus. Récolter à plus de 35% de MS, c’est compliquer le tassement au silo en risquant d’altérer la qualité de conservation et c’est aussi réduire la digestibilité des parties tiges/feuilles de la plante.