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Blé tendre - Epis noirs : un phénomène sans gravité

Ce phénomène peut concerner les régions où les moissons ne sont pas terminées. Actuellement, des cas sont signalés dans l'Ouest de la France.

Epis de blés noirs

Lorsque le temps est humide et spécialement lorsque les récoltes sont retardées, les épis de blé prennent une coloration noire due au développement superficiel de champignons saprophytes de couleur noire, appelés parfois fumagines et appartenant le plus souvent au genre Alternaria et Cladosporium. D’autres espèces, appartenant à d’autres genres, comme Eppicocum, Aureobasidium, Ascochyta, peuvent également être rencontrées. Les épis parvenant à maturité les premiers sont les plus sensibles à l’infection.

Dans les Pays de la loire, ce phénomène, observé ponctuellement dès la fin juin sur des épis ayant échaudé prématurément, se généralise sur les parcelles qui n’ont pas pu être encore récoltées. En Bretagne, ce phénomène s’accentue en particulier dans le Finistère et l’ouest du Morbihan depuis 2 semaines. La pluviométrie enregistrée depuis 1 mois associée à des températures fraîches ont favorisé le développement des champignons saprophytes (Carte 1). 
 

Cartes 1 : Cumul des précipitations du 20/6/2011 au 19/7/2011 en Bretagne et dans les Pays de la Loire

Une observation plus fréquente sur les parcelles les plus avancées

Les observations les plus fréquentes concernent les parcelles qui sont arrivées à maturité depuis plusieurs semaines. Cet aspect noir des épis traduit donc une sur maturité liée à des accidents qui se sont passés avant la fin de cycle.

  • En premier lieu, le déficit hydrique important que nous avons connu pendant 3 mois a conduit à accélérer la maturité. C’est donc d’abord sur les parcelles les plus séchantes ou qui ont le plus souffert du déficit hydrique que ce phénomène est observé.
  • Les parcelles concernées par le parasitisme : des maladies telles que le piétin échaudage, l’oïdium sur épi, la rouille brune, ou tout autre cause accélérant la sénescence de la plante, vont conduire à une prolifération de ces champignons. La présence de miellat due à la prolifération des pucerons, très présents en cette fin de saison, est également un facteur favorisant.
  • Sur la même parcelle, on observe également un effet variétal, avec une présence plus marquée des épis noirs, sur Paledor, Barok, Hystar, Dialog…un phénomène décrit dans la littérature sans que l'on puisse parler de résistance.

Quelques épis noirs sont parfois dressés à l’intérieur des parcelles. On rencontre habituellement ce phénomène dans le cas de stérilité provoquée par le froid lors de la méïose ou des accidents liés à des phytotoxicités. Dans ces situations, le grain est absent.
 
Dans les parcelles que nous observons cette année, le grain est présent et échaudé ; il ne peut donc s’agir de stérilité méïose ou de phytotoxicités.

Pas de conséquence sur le rendement

Les attaques concernent les enveloppes du grain, la tige ou les feuilles sénescentes, mais ne concernent pas le grain lui-même. On peut cependant noter la présence superficielle du champignon au niveau de la brosse du grain, voire parfois au niveau du sillon, qui confère au grain une légère coloration. Les conditions favorables à leur développement sont liées à la présence d’eau. L’échaudage observé dans ces parcelles est la conséquence de stress antérieurs qui ont conduit à une sénescence de la plante comme nous l’avons précédemment évoqué. Les fumagines n’ont donc aucune conséquence sur le rendement. De plus, il n’y a aucun risque de présence de DON lié à ce phénomène, les champignons concernés n'étant pas producteurs..

Les grains sont échaudés, mais présents, dans les zones qui présentent des épis noirs.

Les fumagines s’installent sur des plantes à sur-maturité et sont favorisées par des conditions humides.

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