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Blé tendre d’hiver : pas de réelle urgence pour les premiers semis

Si les premiers semis de blé sont possibles pour les types tardifs, il n’est pas forcément nécessaire de se précipiter. Retour sur le raisonnement du choix de la précocité variétale, ainsi que des dates et densités dans nos régions.
Semis de blé tendre en Limousin

Choisir des variétés avec des précocités adéquates

La meilleure assurance pour limiter l’impact d’un accident climatique est de diversifier les variétés de l’assolement. La campagne 2021/2022 est venue rappeler qu’en situation de stress hydrique, dans les sols superficiels (argilo-calcaire moyens à superficiels), les variétés précoces étaient moins exposées à l’échaudage de fin de cycle. A contrario, les variétés à cycle plus long expriment mieux leur potentiel en sols profonds et/ou irrigués, et peuvent profiter d’un retour tardif des précipitations en cas de printemps sec.

Une fois les variétés choisies, quelles dates de semis optimales viser ?

Chaque variété a une période de semis optimale qui lui permet d’éviter ou de limiter les risques de gel pendant la montaison et les risques d’échaudage et de stress hydrique pendant le remplissage. Cette période dépend du rythme de développement de la variété (précocité à montaison et précocité à maturité) ainsi que du climat de la région.

Une période de semis optimale est donc définie en fonction de la précocité de chaque variété. A partir des données climatiques régionales, il est possible de définir des périodes de semis optimales pour chaque variété. L’époque idéale dans nos régions, pour semer une variété de blé tendre de type demi-précoce, se situe entre le 15 et le 30 octobre. Les types hiver tardif à très tardif, réservés au nord de la zone, peuvent être semés entre le 1er et le 15 octobre. A partir du 25 octobre, tous les types de blé d’hiver peuvent être semés. Les semis peuvent se prolonger si nécessaire jusqu’en novembre ou décembre sans difficulté. Toutefois, éviter les variétés tardives à épiaison dans ces conditions pour éviter au maximum un échaudage de fin de cycle.

Tableau 1 : Périodes optimales de semis des principales variétés pour les zones de plaine en Ile-de-France, Centre et Auvergne

Au-dessus de 900 m d’altitude, il est recommandé d’anticiper les dates préconisées ci-dessus de 10 à 15 jours.

Après le choix des variétés et des dates de semis, il faut déterminer les doses de semis

Contrairement à certaines idées reçues, les peuplements objectifs de sortie hiver sont identiques, quelle que soit la variété. Une variété à faible tallage épis n’a pas à être semée plus drue. Cependant, les types de sol et l’état du lit de semences induisent des taux de pertes et des coefficients de tallage différents dont il faudra tenir compte pour le calcul de la dose de semis.

DES PERTES À PRENDRE EN COMPTE À DEUX ÉPOQUES

Entre le semis et la levée

Le taux de pertes moyen est de 15 %. Il peut cependant être plus faible (moins de 10 %) en limons et en cas de levée rapide (sol encore réchauffé), ou plus élevé selon les conditions suivantes :

  • en conditions sèches, surtout sur des terrains argileux et des sols motteux ou caillouteux,
  • en conditions « plastiques », surtout en limons battants et risque d’excès d’eau à la levée,
  • sur les sables,
  • en cas de semis direct sur sol non labouré,
  • de façon générale, en semis tardif, après le 20 novembre (taux moyen de 30 %),
  • en cas de semis dense : autoconcurrence entre plantes.

Entre la levée et la sortie hiver

Le taux de pertes moyen est de 10 % mais peut être plus élevé (de l’ordre de 20 %) :

  • en sables ou terres argileuses,
  • en cas de semis profond (> 3,5 cm),
  • en cas de désherbage d’automne « risqué » en termes de sélectivité.

LES DOSES PRÉCONISÉES

Les doses de semis préconisées intègrent déjà une certaine marge de sécurité.

Rappelons qu’il vaut mieux différer un semis, en attendant des conditions d’implantation plus favorables, qu’insister pour maintenir la date de semis prévue et mal implanter la culture.

Tableau 2 : Densités de semis pour quelques types de sols (en grain/m²) en plaine

Tableau 3 : Densités de semis (en grain/m²) en zone de montagne (Auvergne)

Pensez aux bandes double densité pour piloter vos premiers apports.

Pas de semis précoces sur des parcelles sales

Les problèmes d’enherbement rencontrés dans nos régions obligent désormais à prendre en compte ce facteur dans le choix des variétés à implanter. Semer une variété de blé tendre précocement dans une parcelle très infestée en graminées relève de l’erreur technique. Aucun programme herbicide, aussi cher soit-il (prélevée puis postlevée), ne sera suffisant pour maîtriser une population de bromes, ray-grass ou vulpins. Nos essais régionaux confirment ce manque d’efficacité qui pénalise les rendements de la culture par la compétition précoce des adventices. Il est donc essentiel de privilégier des dates de semis plus tardives sur des parcelles très infestées et sur des sols qui le permettent : pas de semis avant le 20 octobre. Le risque économique pris (de non implantation) restera limité car toutes les parcelles de l’exploitation ne sont pas concernées. Attention, des dates de semis plus tardives nécessitent des variétés plus précoces.

Gestion de la jaunisse nanisante de l’orge : un risque accru en semis précoces

Même si un automne particulièrement doux expose l’ensemble des blés aux pucerons et aux cicadelles, les semis précoces le sont généralement davantage. Des semis de début octobre nécessiteront une surveillance des parcelles et une protection accrue si les seuils de nuisibilité sont dépassés et que le climat est favorable.

Pour conclure, pas d’empressement pour les premiers semis et diversifier les variétés et dates de semis en tenant compte de l’état d’enherbement des parcelles.

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